Rachat d'Alcon: Novartis prié de revoir sa copie

Le prix proposé par le groupe pharmaceutique suisse Novartis pour racheter les titres restants d'Alcon est "grossièrement inadéquat", a indiqué mercredi le comité indépendant chargé de la fusion, demandant au PDG Daniel Vasella de revoir sa copie.

(AFP) - Le comité indépendant, chargé de la fusion, a estimé que "le prix et les autres termes (de l'offre) proposés par Novartis sont grossièrement inadéquats et que l'analyse financière sur laquelle se base l'offre unilatérale de Novartis est fondamentalement faussée", selon un communiqué d'Alcon.

L'instance chargée de veiller à la fusion a par ailleurs estimé que "les tactiques coercitives déployées par Novartis représentent une offense et démontrent un profond manque de respect pour les actionnaires minoritaires d'Alcon", principalement des salariés de ce dernier.

Demandant dans une lettre adressée au PDG de Novartis Daniel Vasella de revoir sa copie, le président du comité Thomas Plaskett a souligné que les performances financières d'Alcon "justifient un prix significativement plus élevé" que celui proposé par Novartis.

Le groupe bâlois a pris début janvier pour 28,1 milliards de dollars (19,5 milliards d'euros) le contrôle d'Alcon, en rachetant les 52% que détenait encore son compatriote Nestlé dans le numéro un mondial des produits ophtalmologiques.

Avec les 25% que le groupe pharmaceutique avait déjà acquis en avril 2008, Novartis détient désormais 77% d'Alcon. Etape supplémentaire, la société de Daniel Vasella va se lancer dans une fusion des 23% restants d'Alcon pour s'approprier la totalité du groupe.

Le laboratoire suisse propose aux actionnaires minoritaires 2,8 actions Novartis pour chaque titre d'Alcon, soit un prix implicite de 151,43 dollars par titre, un montant "significativement inférieur" aux 180 dollars par titre que Novartis a payé à Nestlé, a estimé le comité.

Le prix proposé par Novartis représente ainsi un rabais de près de 16% par rapport au tarif proposé à Nestlé, a regretté le comité.
Novartis, qui finance le rachat avec sa trésorerie et des emprunts, prévoit de clôturer la transaction au premier semestre et table sur des synergies de 200 millions de dollars par an avant impôts sur les trois prochaines années, qui s'élèveront à 300 millions en cas de succès de la fusion.

Le comité a pour sa part estimé que Novartis a minimisé les synergies possibles, afin de justifier le tarif proposé aux actionnaires minoritaires d'Alcon.

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