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Sanofi et Bristol-Myers auraient signé un "accord de préfusion"

En cas de concrétisation, une fusion de Sanofi avec Bristol-Myers créerait un nouveau numéro un mondial du secteur. Pfizer serait détroné.

(afp) Le français Sanofi-Aventis aurait signé avec l'américain Bristol-Myers Squibb (BMS) un "accord de préfusion" et pourrait annoncer un rapprochement amical dans les prochaines semaines, a affirmé lundi La Lettre de l'Expansion, des informations qui ont pesé sur le titre Sanofi. Interrogés, tant Sanofi-Aventis que Bristol-Myers Squibb France se sont refusés à tout commentaire.

Selon La Lettre de l'Expansion, qui ne cite pas ses sources, l'accord, signé "la semaine dernière", prévoirait un rapprochement effectif en septembre, et une annonce en ce sens pourrait être faite "dans les prochaines semaines".

A Paris, ces informations ont pesé sur le cours du titre Sanofi-Aventis, qui a perdu 1,36% à 69 euros, alors que certains investisseurs s'interrogeaient sur l'intérêt stratégique d'une telle opération. A l'inverse à Wall Street, le titre BMS gagnait 5,48% à 27,73 dollars vers 18h lundi, heure de Bruxelles.

En cas de concrétisation, une fusion de Sanofi, numéro trois mondial de la pharmacie, avec BMS, numéro neuf, créerait un nouveau numéro un mondial du secteur. L'actuel leader, l'américain Pfizer, serait détrôné. La nouvelle entité afficherait quelque 41 milliards d'euros de ventes annuelles contre un peu plus de 37 milliards d'euros à Pfizer, selon des calculs de l'AFP.

L'hypothèse d'une fusion, qui refait surface régulièrement, est considérée comme crédible par nombre d'analystes, les deux groupes commercialisant déjà ensemble aux Etats-Unis l'anti-coagulant Plavix, au coeur d'une bataille judiciaire contre le génériqueur Apotex. Ils commercialisent également l'Avapro, un médicament contre l'hypertension artérielle, et disposent de "pipelines" de produits jugés complémentaires. L'horizon de septembre, évoqué par La Lettre de l'Expansion, paraît également cohérent, puisqu'il correspond à une période postérieure au jugement attendu dans le procès Plavix.

Le contexte serait d'autant plus favorable pour Sanofi-Aventis que BMS paraît affaibli, soulignent également les analystes. En septembre, l'américain a limogé brutalement son PDG Peter Dolan pour la gestion de la querelle judiciaire autour du Plavix. Et quatre mois plus tard, il a annoncé un bénéfice net 2006 quasiment divisé par deux (-47%).

Pour autant, le scénario d'une fusion soulève de multiples questions. L'opération paraît "osée" pour Sanofi, tout juste trois ans après le rachat d'Aventis par Sanofi-Synthélabo. L'écart de valorisation boursière entre les deux groupes est tel qu'un rachat de BMS serait dilutif (baisse du bénéfice par action) pour Sanofi, remarquent les analystes de Merrill Lynch. Les deux groupes ont un nombre significatif de produits dont les brevets tomberont entre 2010 et 2012, remarquent aussi les analystes de Prudential dans une note."Pourquoi s'exposer plus à Plavix, dont BMS dépend plus encore que Sanofi-Aventis, à quelques années" de l'échéance du brevet?, s'interrogent les analystes de la maison de courtage Raymond James. Dans ce contexte, un rachat ferait davantage figure d'opération "éminemment défensive" pour le groupe français, qui "n'en a pas besoin si sa R&D délivre à compter du 13 février prochain les grands résultats attendus" sur plusieurs projets de recherche, souligne Raymond James.Sanofi-Aventis, qui publiera ses résultats 2006 le 13 février, doit à cette occasion faire un point sur sa stratégie.

Photo Belga

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