Solvay plombé par sa division Plastiques

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Après une année 2008 difficile, le groupe Solvay est reparti de l'avant en 2009, réalisant notamment un bénéfice net de 553 millions d'euros, en hausse de 23%. Mais cette progression est esssentiellement due au creux subi en 2008 à la suite de la nette réduction de valeur (309 millions d'euros) du portefeuille d'actions Fortis détenu par le groupe. Pour 2010, le groupe entend rester prudent dans ses dépenses.

Bruxelles (L'Echo) - Après une année 2008 difficile, le groupe Solvay est reparti de l'avant en 2009, réalisant notamment un bénéfice net de 553 millions d'euros, en hausse de 23%. Mais cette progression est esssentiellement due au creux subi en 2008 à la suite de la provision négative de 309 millions d'euros visant à intégrer la dépréciation de la participation du groupe dans Fortis.

Le résultat opérationnel récurrent (REBIT) baisse en effet de 6% à 905 millions pour l'ensemble de l'année. Mais le 4ème trimestre marque un net redémarrage: le bénéfice d'exploitation atteint en effet 313 millions d'euros, un niveau nettement supérieur à celui qu'attendaient les analystes, qui tablaient en moyenne sur 223 millions d'euros. Le résultat opérationnel du 4ème trimestre progresse très nettement par rapport au dernier trimestre 2008 (+150%).

La crise économique persistante fait par ailleurs reculer le chiffre d'affaires. Avec un total de 8,49 milliards d'euros, celui-ci est en effet inférieur de 11% à celui de 2008.

A noter le bénéfice opérationnel record engrangé l'an dernier par la division Pharma, qui vient d'être cédée au laboratoire américain Abbott. Celui-ci atteint en effet 649 millions d'euros, soit 27% de plus qu'en 2008. Le chiffre d'affaires (2,79 milliards d'euros) est lui aussi en progression (+3%), grâce notamment aux performances commerciales de médicaments tels que l'Androgel (un substitut à la testostérone), le Creon (un complément d'enzymes pancréatiques) et le vaccin anti-grippe Influvac.

Ce n'est pas le cas des secteurs chimique et des plastiques, qui paient un lourd tribut à la crise.

Le second subit ainsi une baisse de 19% de son chiffre d'affaires, ramené à 2,98 milliards d'euros. Les débouchés dans l'automobile, la construction, l'électronique, l'électricité et les biens d'équipement se sont nettement rétrécis. Malgré un redémarrage de la demande sur certains marchés pour les polymères spéciaux, le résultat opérationnel est ramené de 264 millions d'euros en 2008 à 73 millions un an plus tard.


Le conseil d'administration de Solvay proposera à l'assemblée des actionnaires le versement d'un dividende brut de 2,93 euros (2,20 euros net) par action, soit le même que pour l'exercice 2008.


Pour 2010, Solvay n'a qu'un maître-mot: prudence. Fort d'une situation financière saine (endettement net abaissé de 264 millions d'euros à 1,33 milliard, soit 26% des fonds propres), le groupe entend maintenir la politique d'investissements prudente adoptée en 2009.

"Hors réinvestissement du produit de la vente du secteur pharmaceutique, le budget d'investissements 2010 s'élève à 673 millions d'euros, (...) concentrés sur un nombre très limité de projets stratégiques", précise le communiqué de Solvay.

Le budget de la recherche et développement sera ramené de 555 à 148 millions d'euros. Les 416 millions du secteur pharmaceutique ne sont plus repris.

Pour le reste, priorité sera donnée à un "réinvestissement optimal" du produit de la vente de Solvay Pharma à Abbott. Bouclée  le 15 février, celle-ci rapporte à Solvay une somme totale de 5,2 milliards d'euros, dont 4,5 milliards en espèces. Une plus-value d'environ 1,7 milliard devrait être inscrite dans les comptes du premier trimestre.

L.V.D.

luc.van.driessche@lecho.be

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