Taminco n'ira pas en Bourse (officiel)

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C'est désormais officiel: le conseil d'administration de Taminco a décidé de renoncer à la mise en Bourse de la société chimique. En cause: des "conditions de marché défavorables". Toutes les souscriptions sont annulées.

Bruxelles (L'Echo) - La décision est tombée mercredi soir: l'entrée de Taminco sur Euronext Bruxelles, prévue pour vendredi matin, appartient au passé. L'ancienne division chimique d'UCB, qui vole de ses propres ailes depuis 2003, incrimine des "conditions de marché défavorables".

Selon certaines rumeurs, les institutionnels anglo-saxons ont rechigné à souscrire à l'offre d'actions vendues à un prix oscillant entre 11 et 14 euros par titre. Cela alors que les commandes d'investisseurs privés et institutionnels européens affluaient. D'autres avancent le fait que l'actionnaire principal, le fonds d'investissement CVC, aurait jugé en dernière minute l'offre trop modique. 

Le conseil d'administration de la société gantoise a en tout décidé à l'unanimité d'arrêter les frais. A priori, ce retrait est irrévocable.

"Nous avons été desservis par une période boursi!ère peu favorable. Ce mauvais climat a pénalisé la volonté des investisseurs de s'engager dans de nouveaux dossiers", résume Laurent Lenoir (photo), le CEO de Taminco.

La société gantoise n'a effectivement guère été servie par le reflux boursier enregistré durant la seconde quinzaine de janvier. Certaines sociétés de bourse avaient du reste émis des doutes quant à la fourchette de prix fixée pour l'action Taminco.

L'entrée en Bourse de Taminco était pourtant rien moins que l'IPO la plus importante à Bruxelles depuis celle de Nyrstar en octobre 2007. "Les discussions avec les investisseurs étaient tout à fait favorables. La société elle-même est d'ailleurs en pleine forme et génère beaucoup de cash", souligne Laurent Lenoir.

L'entrée en Bourse était censée rapporter 160 millions d'euros de capitaux frais à Taminco, qui comptait en profiter pour financer des acquisitions futures et réduire son endettement de manière significative. Les investisseurs ne l'ont pas entendu de cette oreille.

L'échec de l'opération ne remet toutefois pas en cause la situation de la société, estime son patron. "Nous poursuivrons notre désendettement, mais de manière plus graduelle", dit-il. 

Taminco ("The AMI Ne COmpany") est un acteur de niche. Sa spécialité: les alkylamines, des composants chimiques à base d'alcool et d'ammoniac utilisés pour la protection des produits agricoles, le traitement de l'eau ou la fabrication de solvants et de médicaments. Avec une capacité de production annuelle de plus d'un million de tonnes dans ses sept usines (dont celle de Gand, la plus grande avec ses 350 travailleurs), Taminco est le numéro un mondial incontesté sur ce créneau.

L.V.D.

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