«AmBusch» sur le NYSE ?

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InBev part à l'assaut du géant américain Anheuser-Busch et offre 46,3 milliards de dollars pour s'offrir le Maître de l'Orge américain. "Inheuser-Bev" ? "InBusch"?, "AmBusch" ("Am" du Brésilien AmBev intégré dans InBev) ? Ou tout simplement "InBev-Anheuser" ? A la limite peu importe le nouveau nom. Il y a belle lurette que la dénomination du brasseur de la Stella Artois et de la Hoegaarden ne reflète plus ses origines belges. Quel sera d’ailleurs l’apport du "Made In Belgium" dans le nouveau leader brassicole mondial ?

Photo: Carlos Brito, CEO d'Inbev

Bruxelles (L’Echo) – "Inheuser-Bev" ? "InBusch"?, "AmBusch" ("Am" du Brésilien AmBev intégré dans InBev) ? Ou tout simplement "InBev-Anheuser" ? A la limite peu importe le nouveau nom. Il y a belle lurette que la dénomination du brasseur de la Stella Artois et de la Hoegaarden ne reflète plus ses origines belges. Quel sera d’ailleurs l’apport du "Made In Belgium" dans le nouveau leader brassicole mondial ? Une couronne de mousse au sommet d’une bonne vieille 33 cl! Et encore…

Sur les 460 millions d’hectolitres qui seront brassés chaque année par les différentes unités du groupe, 6 millions seulement le seront en Belgique. Sur les 120.000 personnes employées à travers le monde, moins de 3.000 le seront à l’intérieur de nos frontières. Cela suffit-il pour estampiller de « belge » ce poids lourd de l’alimentaire ? « C’est une question délicate, reconnaît Jerry van Waterschoot, chief economist chez ING Belgium. Il est de plus en plus difficile d’apporter une réponse à ce genre de question car les frontières disparaissent petit à petit", a-t-il expliqué à lecho.be. La même question se pose en outre pour Fortis et Dexia.

Auteur d’une étude annuelle sur l’actionnariat des sociétés belges cotées sur Euronext Bruxelles, il retient un critère pour déterminer la nationalité d’un groupe : le centre de pouvoir. « Par exemple, je n’ai pas inclus Suez dans mon étude car le centre de pouvoir est clairement à Paris. » Une réponse à cette problématique a déjà été partiellement apportée par le rapprochement de certains marchés financiers. « Peut-être qu’un jour les principales Bourses fusionneront et que l’on ne parlera plus que de sociétés européennes» conclut-il.

Au niveau de l’actionnariat, c’est le noir-jaune-rouge qui prédomine (très légèrement) chez InBev suivi de très près par le vert et jaune brésilien. Et comme le rachat du groupe US ne se fait pas par échange d’actions, cette situation ne devrait pas connaître de changement majeur à court terme. A noter, tout de même, que la structure de contrôle passe par une fondation néérlandaise, pour environ 52%, et par deux holdings luxembourgeois.

Avec l’érosion de son identité belge -pour ce qui concerne l’aspect production en tous cas- l’action InBev a–t-elle encore sa place au sein du Bel 20, l’indice vedette de la Bourse de Bruxelles ? « Le marché de référence d’InBev est actuellement Euronext Bruxelles, a rappelé, à lecho.be, Bruno Colmant président d’Euronext Bruxelles et membre du comité de direction de NYSE Euronext. Il semble naturel et intuitif qu’InBev continue à jouer un rôle majeur dans le Bel 20, et aucun élément ne semble modifier cet état de fait. »

Même si le siège social devait être transféré sous d’autres cieux, cela ne constituerait pas un obstacle. Les critères d’appartenance à l’indice, qui font pour l’instant l’objet d’une consultation, ne devraient en effet plus être purement quantitatifs. Ils devront davantage répondre à un faisceau d’éléments et de faits jugés par un comité d’experts indépendants.

Ce rachat pourrait, au contraire, être l’occasion pour InBev d’élargir son horizon boursier et sa base d’investisseurs en demandant sa cotation sur le New York Stock Exchange (Nyse) tout en restant sur Euronext Bruxelles.

« L’appartenance d’Euronext Bruxelles au groupe NYSE-Euronext est un facteur décisif qui pourrait favoriser une multi-cotation du groupe sur plusieurs places (Bruxelles, New York), souligne Bruno Colmant mais cette décision appartient à InBev. »

Stéphane Wuille
stephane.wuille@lecho.be

Lire l'intégralité du communiqué d'Inbev, en cliquant ici.

Lire l'intégralité du communiqué d'Anheuser-Busch en cliquant ici.

Pour visionner l'interview de Carlos Brito, cliquez ici

 

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