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La pénurie de bières n’effraie pas les distributeurs

©BELGA

Les brasseries d'AB InBev à Louvain, Jupille et Hoegaarden sont toujours bloquées mercredi par des travailleurs en colère. Chez les distributeurs, les stocks de Jupiler, de Stella Artois et de Leffe permettront de tenir jusqu’à ce week-end, voire lundi.

Bruxelles (L'Echo) -  Les travailleurs en colère d'AB InBev exigent que les 263 licenciements prévus en Belgique soient annulés, tandis que la direction d'InBev menace de mettre en oeuvre des mesures de chômage temporaire. A Louvain, les activités brassicoles sont à l'arrêt depuis mardi à cause d'une pénurie de matières premières. A Jupille, la production est ralentie, tandis que tout fonctionne encore normalement à Hoegaarden. La bière ne sort cependant pas des trois implantations.

Le groupe brassicole menaçait mardi d'intenter des actions en justice contre les blocages, mais ne met pas encore sa menace à exécution. "Nous espérons toujours un dialogue avec les syndicats", commente Karen Couck, porte-parole d'AB InBev. "Nous voulons trouver avec eux des solutions pour les travailleurs licenciés, tant en interne qu'en externe."

Une réunion de conciliation avec les travailleurs doit avoir lieu jeudi.

Depuis jeudi dernier, donc, le brasseur ne livre plus de Stella Artois, de Jupiler ni de Leffe. La plupart des grands magasins ont des stocks jusqu'à vendredi ou samedi, mais les grandes centrales de distribution n'ont déjà plus de bières d'InBev.

La crainte de la rupture de stocks influence d'ores et déjà le comportement de certains consommateurs. "Les ventes de bacs de Jupiler et de Stella ont doublé dans la journée de mardi, explique Jean-Pierre Roelands, directeur commercial de Colruyt. En fonction de ce que les gens vont faire, nous pouvons tenir entre 3 et 10 jours selon les produits. Nous aurons vraisemblablement de quoi tenir jusqu'à la fin du week-end pour les bières et jusqu'à la semaine prochaine pour les canettes."

Les bières d'AB InBev sont des produits à très forte rotation et grands volumes. Les entrepôts et magasins sont en règle générale réapprovisionnés tous les jours. "Vu la rotation et les volumes, le stock est limité, reprend Jean-Pierre Roelands. Il faut voir si le blocage se poursuit. Mais il n'y a aucune raison de paniquer, les gens ne risquent pas de tomber à court de bière. Quant au manque à gagner pour Colruyt, on regrette qu'il en soit ainsi, mais il y a tellement d'alternatives que les ventes vont se déplacer sur d'autres marques ou produits."

Tout bénéfice pour les concurrents du brasseur? "La pénurie, si pénurie il y a,  étant généralisée, le transfert ne se fera pas vers d'autres distributeurs, mais vers d'autres produits", confirme à son tour Vincent Nolf, directeur général de Makro. Le distributeur d'origine allemande affirme disposer de plus d'espace de stockage que ses concurrents, mais confirme la possibilité d'une rupture de stock si le blocage se poursuit au-delà de cette semaine. "Makro réalise environ un million d'euros de chiffre d'affaires mensuel sur les produits InBev. S'il devait y avoir pénurie, il n'est pas sûr que nous subissions un manque à gagner. Dans une catégorie de produits comme la bière, les clients sont certes attachés à la marque, mais ils ne vont pas s'arrêter de boire si elle n'est plus disponible. Peut-être vont-ils surstocker, mais nous n'avons pas encore décelé de mouvement significatif en ce sens."

Il en aurait sans doute été autrement en été, la consommation de boissons connaissant un boom à la chaude saison.

L'écho est similaire chez Delhaize et Carrefour dont les stocks devraient suffire jusqu'à la fin du week-end - "pour autant que les consommateurs ne se ruent pas sur leur marque préférée", ajoute une porte-parole de Carrefour. "Ensuite, il existe des alternatives, pour la pils également", souligne-t-on chez Delhaize.

"Une semaine environ", c'est le temps que tiendront pour leur part les établissements horeca, indique Yvan Roque, président de la fédération Horeca Bruxelles.

Walter Herrebosch, directeur de Febed, fédération des grossistes en boissons, souligne quant à lui que la pénurie risque de toucher en priorité la  Leffe et la Hoegaarden, les efforts de stockage des grossistes se portant traditionnellement davantage sur la pils, un produit à plus forte rotation et de plus grand volume.

Françoise Antoine

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