Le miracle n'a pas eu lieu pour Val Saint Lambert

Les ventes enregistrées au second semestre 2006 n'ont pas été aussi «tonitruantes» que l'espérait sa patronne, Sylvie Henquin.

(l'écho) Vendre deux fois plus au second semestre qu'au premier, tel était le pari de la patronne de Val Saint Lambert International (VSLI). Mais le cristalier a manqué sa cible. Et pas de peu, contrairement à ce qu'assurait encore Sylvie Henquin fin octobre («L'écho» du 25 octobre 2006).

Ainsi, au lieu du chiffre d'affaires de 6,5 millions d'euros escompté dans le plan d'affaires élaboré lors de sa mise en Bourse, la société sérésienne a dégagé l'an dernier des revenus de 3,03 millions d'euros qui, s'ils témoignent d'une hausse de 10,2% par rapport à 2005, n'en demeurent pas moins décevants au regard du montant de l'ordre de 6,25 millions d'euros évoqué par la dirigeante à deux mois de la clôture. Les ventes et prestations, qui incluent les «autres produits d'exploitation» (subsides, refacturation sdiverses, four...), se sont établies à 4,69 millions.

Plus grave, on ne trouve pas non plus trace des profits annoncés… puis confirmés. Censés être supérieurs aux prévisions - en l'occurrence, 0,94 million d'euros de bénéfice d'exploitation pour 0,4 million de net - grâce à des recettes exceptionnelles, à une opération de «sale and lease back» et aux fruits d'une «gestion plus serrée», ils se sont respectivement élevés à 0,22 million et à… -0,08 million.

En clair, VSLI a essuyé une perte là où elle escomptait un gain encourageant, après le déficit de 0,18 million encouru un an auparavant! Son excédent brut d'exploitation a atteint 0,68 million et son cash-flow 0,39 million. Pour sa défense, la direction de l'entreprise liégeoise prétend avoir été confrontée à de significatifs investissements, mais l'argument est à tout le moins contestable (lire commentaire).

Pour 2007, l'optimisme reste de rigueur. «Nos prévisions antérieures étaient réalistes, mais elles n'intégraient pas le manque à gagner lié à la rénovation du four et surtout les conséquences de la mise à l'arrêt provisoire de la production. Ces investissements consentis pour rester compétitifs porteront leurs fruits cette année», plaide Sylvie Henquin.

Selon elle, le carnet d'ordres est aujourd'hui particulièrement bien garni, à près de 1,75 million d'euros. Pour 2007, elle prévoit une expansion géographique majeure sur les deux principaux marchés, les états-Unis et la Belgique, mais d'autres pays, comme le Japon et l'Inde, sont dans son collimateur. L'ambitieux programme d'ouverture de boutiques dans les pays clés, Etats-Unis et Japon en tête, n'est d'ailleurs pas totalement passé aux oubliettes. «Nous devons encore déterminer si nous le ferons seuls ou, plus vraisemblablement, avec le concours de propriétaires d'autres marques qui disposent déjà de leurs magasins. Selon le choix, on ne parle pas du tout d'un niveau d'investissement comparable», poursuit-elle, soulignant que d'autres types d'alliance, avec des acteurs d'autres secteurs, notamment, sont à l'étude.

Sa politique commerciale prévoit aussi une présence accrue dans les salons et foires, ainsi que l'engagement de représentants supplémentaires. Enfin, des contrats seraient en cours de négociation avec des prospects originaires de Russie et d'Ukraine, ainsi qu'avec une chaîne de magasins de luxe au Japon.

Le niveau des stocks au 31 décembre - 5,2 millions d'euros pour la cristallerie et 1,1 million pour les boutiques - n'aurait rien d'anormal.

«C'est nécessaire au regard de la vaste palette d'articles composant notre gamme. Dans ce total, les commandes en cours de finition ou sur le point d'être livrées atteignent 1,7 million. Quant au stock dormant, il est négligeable, à quelque 0,3 million d'euros», martèle-t-elle.

Bref, tout devrait bien se passer.

«Sauf si le dollar faiblit ou si le pétrole se renchérit», prévient Sylvie Henquin.

Fabian Lacasse

Photo Belga

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