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Le vin français souffre de la crise

Comme tous les acteurs de l'économie, le secteur viticole français, touché depuis la fin de l'été, voit ses exportations chuter alors que près de 40% de la production française est vendue à l'étranger.

(afp) - Alors que les exportations de vins ont souffert en novembre des effets de la crise financière, la filière viticole française, au terme d'une année 2008 marquée par une production historiquement faible, redoute le pire au premier semestre 2009 sur le front commercial.

"En octobre et novembre, on a enregistré pratiquement un arrêt des affaires", affirme Renaud Gaillard, délégué général adjoint de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (Fevs).

Comme tous les acteurs de l'économie, le secteur viticole, touché depuis la fin de l'été, voit ses exportations chuter alors que près de 40% de la production française est vendue à l'étranger. Un ralentissement inquiétant alors que l'export compensait jusqu'ici la baisse de la consommation nationale.

"L'absence de visibilité de nos clients à court et moyen termes fait qu'ils ont arrêté toute commande en novembre en attendant de voir quel était le rythme de consommation de leurs produits. Cela touche l'ensemble des produits", souligne M. Gaillard.

En valeur, les exportations françaises de vins et spiritueux devraient rester stables en 2008, après une année 2007 record, grâce à un premier semestre porté par la commercialisation des grands crus de Bordeaux millésime 2005, aux prix très élevés. Elles seront en revanche en fort recul en volumes concernant le vin.

"Depuis septembre ou octobre, on constate une forte volonté de déstockage de la part de nos clients", confirme Georges Haushalter, président de l'Union des maisons de Bordeaux, le syndicat des négociants bordelais (sud-ouest).

Le ralentissement des commandes touche d'abord les "grands crus, qui sont des vins plus destinés à être stockés" mais n'épargne pas "le vin de consommation plus courante", relève-t-il.

En Bourgogne (centre-est), "toutes les gammes de prix sont touchées par cette baisse, notamment au Royaume-Uni où le vin de Bourgogne est très implanté", rapporte Michel Baldassini, président délégué du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). "Le marché national reste stable", précise-t-il.

"On a bien senti que la clientèle faisait des économies, le vin est un produit superflu mais je pense que personne n'aura l'idée de fêter la fin de l'année sans une bouteille de vin sur sa table", se rassure Thierry Saint-Cyr, viticulteur à Anse (Rhône, centre-est) et secrétaire général du Comité permanent du Beaujolais.

Les fêtes ne bouleverseront toutefois pas le bilan 2008, les fournisseurs ayant passé leurs commandes depuis plusieurs mois, selon les professionnels interrogés par l'AFP. Ils redoutent surtout 2009 dont les premiers mois s'annoncent, selon eux, comme les plus difficiles en raison de l'attentisme général.

"Celui qui n'a pas de vrai marché avec des canaux de distribution, il va souffrir", prédit Jean-Luc Thunevin, propriétaire et négociant à Saint-Emilion (Gironde, sud-ouest), tablant sur une "désaffection" de l'édition 2009 de la campagne annuelle de vente en primeur des grands crus bordelais au printemps.

"Même si la qualité du millésime 2008 est bonne, la vente de ce produit sera difficile, voire impossible", estime-t-il, évoquant "le manque d'argent, les spéculateurs qui vont s'écarter un peu du vin car il ne sera pas porteur, le marché qui va continuer à finir les stocks..."

"Pour 2009, nous sommes en pleine interrogation", résume le Bourguignon Michel Baldassini alors que la Fédération des exportateurs annonce un "premier semestre très difficile".

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