Les bières belges sauvées par les exportations


Les responsables de la fédération s'emportent aussi contre les différents mouvements de défense des consommateurs qui pointeraient trop vite les brasseurs du doigt. "Certains prétendent que les jeunes boivent de plus en plus. Premièrement je ne crois pas que ce soit vrai, mais en plus, s'ils le font, ce n'est pas à la bière en tout cas", enrage le président des brasseurs belges.

La fédération se dit en revanche favorable à une communication intensifiée vers les jeunes sans pour autant devoir prendre des mesures d'interdiction. "Nous voulons pouvoir passer des messages responsables, insiste Philippe Buisseret. Nous injectons chaque année 250.000 euros dans les campagnes Bob et, depuis leur lancement, elles ont été reprises dans 17 pays européens."

Ce ne sont pas les seules craintes des producteurs belges. Mais les autres sont mieux connues: elles concernent les tarifs énergétiques qui influent de manière conséquente sur leur rentabilité et ceux des matières premières agricoles qui les ont déjà obligés à adapter leurs prix à plusieurs reprises.
Pour revenir à l'année 2007, on constate que, comme c'est le cas depuis quelques années, ce sont les bières d'abbaye et les blondes fortes qui connaissent le sort le plus enviable. Elles continuent à progresser alors que même les bières fruitées ont reculé (318.000 hectos contre 341.000 un an plus tôt). Quant aux bières de type "pils", leur érosion est permanente (6,4 millions d'hectos en 2007 contre 6,56 millions en 2006).

La situation est inquiétante. "Cela risque d'avoir des répercussions sur la viabilité des petites brasseries, sur la différenciation de l'offre et, à terme, sur l'image des brasseurs belges à l'étrangers", note encore Theo Vervloet.

Heureusement, pour l'instant, les exportations permettent de sauver la situation. Entre 2000 et 2007, elles ont grimpé de 93,5% et représentent désormais 57% de la bière produite en Belgique. Une production qui s'élève à 18,5 millions d'hectos et qui a connu une progression de 1,4% l'an dernier.
"Le secteur reste dynamique, conclut Theo Vervloet. L'an dernier, nous arrivons d'ailleurs en tête des investissements dans les différents segments du secteur alimentaire. Nos membres investissent dans de nouveaux outils." C'est donc qu'ils restent persuadés qu'il y a encore un avenir pour la bière belge.

Un déclin permanent

Les jeunes boivent-ils trop?

Jean-Michel Lalieu

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