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Les magasins belges de Carrefour très courtisés

©BELGA

Après Delhaize, le fonds CVC Capital, co-propriétaire de la Poste, serait également intéressé par une reprise des magasins belges du distributeur Carrefour selon des informations de presse. Quant à Colruyt, le groupe a finalement décidé de ne pas communiquer sur le sujet. Carrefour insiste de son côté : "une vente ou une reprise n'est pas à l'ordre du jour".

Bruxelles (L'Echo) - Ce n'est encore qu'une hypothèse mais cela n'empêche qu'un éventuel retrait de Belgique du distributeur Carrefour suscite déjà beaucoup d'intérêts. Delhaize jeudi, un fonds d'investissements ce vendredi, les magasins belges du leader européen de la distribution - qui compte 626 points de vente en Belgique et emploie 16.000 personnes - sont très convoités. Une communication de Colruyt était attendue dans la journée mais le groupe a finalement décidé de ne pas faire d'annonce sur le sujet.

Pour rappel, il y a deux semaines, en marge de la présentation des comptes annuels du distributeur français qui a connu une année 2008 particulièrement difficile avec un bénéfice net quasi réduit de moitié, son CEO, Lars Olofsson n'avait pas mâché ses mots quant à l'urgence de redresser les chiffres. La stratégie : s'attaquer, notamment, aux marchés "non rentables", dont la Belgique fait partie. L'homme avait cependant déclaré que la cession d'une partie des activités belges n'était pas à l'ordre du jour et que, dans un premier temps, Carrefour souhaitait dégager les " moyens nécessaires " à une amélioration des résultats. " Lorsque cela sera fait, on verra ", avait-il conclu. Un porte-parole du groupe a d'ailleurs appuyé sur le clou ce vendredi en déclarant que "le groupe n'avait pas eu de discussion avec qui que ce soit et qu'une vente ou une reprise n'était pas à l'ordre du jour".

Selon beaucoup d'analystes, Carrefour, qui souffre d'une absence de message clair au consommateur alors que ses concurrents Delhaize, Colruyt ou encore les hardiscounters Aldi et Liddle ont des slogans clairement identifiés, a du mal à se faire une place sur notre marché national. Le groupe français a perdu en conséquence pas mal de terrain l'année passée. A l'inverse, Delhaize et Colruyt ont deux gonflé leurs parts de marché en 2008.

DEUX PRETENDANTS OU PLUS?

  • Pierre Olivier Beckers, patron de Delhaize, avait déclaré  dans la presse jeudi à propos d'une reprise de magasins Carrefour Belgique que " la Belgique est un marché de première importance pour Delhaize et qu'il y saisira l'opportunité de se développer par croissance externe si les autorités de la concurrence y consentent ".

Pour Yvan Lathouders, analyste à la Banque Degroof, Carrefour ne cédera cependant pas ses activités belges avant une ultime tentative de renouer avec les profits, et ce en raison de la hausse des coûts associée à un retrait du marché belge. L'analyste souligne par ailleurs qu'un retrait du groupe français modifierait fortement le paysage concurrentiel de la distribution en Belgique.

En effet, à la fin 2008, Carrefour jouissait de 26% des parts de marché, venaient ensuite Delhaize (25%), Colruyt (23%) et enfin les hardiscounters, Liddle et Aldi avec 16%. Une reprise de l'intégralité des activités belges de Carrefour par Delhaize, ne serait donc probablement pas approuvée par les autorités de la concurrence.  Lathouders pense plutôt que le principal intérêt pour Delhaize serait une reprise partielle, orientée vers les magasins de proximité du groupe français (67 en Belgique).

  • Par ailleurs, on peut lire dans le quotidien néerlandophone De Standaard que la société de capital-investissement CVC Capital Partners, connue en Belgique en tant qu'actionnaire privé de la Poste, aurait pris part à la compétition.  Toujours selon des sources du quotidien, le fonds aurait " une longueur d'avance " sur Delhaize. CVC Capital s'est refusé à commenter l'information. Ce second scénario aurait également des conséquences sur le paysage concurrentiel, en intensifiant la bataille entre Delhaize et Colruyt.
  • Chez Colruyt, Tim de Meyer, porte-parole, avait dans un premier temps annoncé "une communication du groupe sur le sujet dans le courant de la journée", mais finalement le distributeur flamand a décidé de ne pas faire d'annonce.

Amandine Cloot
Amandine.cloot@lecho.be

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