Pénurie de Stella Artois et Jupiler en Belgique

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Les centres de production d'AB InBev étant bloqués par des salariés depuis sept à douze jours, "les matières premières n'entrent pas, et le produit fini ne sort pas", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la firme belgo-brésilo-américaine.

(afp) - Les bières du premier brasseur mondial, le groupe Anheuser-Busch InBev, commençaient à manquer mardi dans les cafés et commerces de Belgique, au douzième jour d'un mouvement de protestation de ses employés contre un plan de restructuration.

Les centres de production d'AB InBev étant bloqués par des salariés depuis sept à douze jours, "les matières premières n'entrent pas, et le produit fini ne sort pas", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la firme belgo-brésilo-américaine.

Résultat, a-t-il ajouté, les distributeurs habituels des grandes marques d'InBev comme Stella Artois, Jupiler, la bière d'abbaye Leffe ou encore la bière blanche Hoegaarden "sont en rupture de stocks".
"Les centrales d'achat ne sont notamment plus en mesure d'approvisionner les grandes surfaces" et "des cafés à travers le pays ne sont plus livrés", a-t-il précisé.

Deux grandes chaînes de supermarchés, Delhaize et Carrefour, ont indiqué s'attendre à ce que certaines marques d'InBev disparaissent de leurs rayons à partir de mercredi ou jeudi.

Le groupe a annoncé le 7 janvier aux représentants du personnel son intention de supprimer 10% de sa main d'oeuvre en Europe occidentale, soit environ 800 employés.

En Belgique, 263 des quelque 2.700 postes sont menacés, et les salariés belges ont très rapidement organisé des actions de protestation qui ont débouché sur le blocage de la production.

Une réunion de conciliation mardi entre les syndicats belges et la direction d'AB InBev a échoué. Les syndicats menacent désormais de durcir leurs actions.
"Les employés veulent que la belgitude d'InBev persiste", a déclaré à l'AFP un syndicaliste de la FGTB (socialiste), Tangui Cornu.

"On ne veut pas entendre parler de licenciements", a-t-il prévenu, en évoquant des délocalisations de services administratifs d'AB InBev vers la Hongrie envisagées par le géant brassicole.

La direction du groupe explique cette restructuration par une diminution de la consommation de bière en Europe occidentale. Les syndicats accusent l'entreprise de chercher avant tout à augmenter ses profits alors qu'elle n'est pas affectée par la crise économique.

Le vice-président de la fédération de l'hôtellerie et de la restauration de Bruxelles, Jean-Marie De Wandeleer, a confirmé que "des tavernes et cafés de la capitale belge commencent à manquer de bières InBev".

"Les cafetiers liés au groupe par un contrat d'exclusivité ont parfaitement le droit de se faire livrer des bières d'autres producteurs", a-t-il souligné, car "si InBev est défaillant, ils doivent eux continuer de fonctionner".

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du brasseur s'est refusé à tout commentaire, se bornant à indiquer qu'AB InBev "tâchait de trouver au cas par cas la meilleure solution possible".
AB InBev produit 60% du volume des bières consommées dans les cafés belges, a estimé M. De Wandeleer.

Mais il a tenu à relativiser l'impact de la crise actuelle: "La Belgique n'est pas à sec et ne risque pas de l'être. Il y a 124 brasseries dans ce pays, qui produisent 800 sortes de bière", a-t-il souligné.
Les professionnels comme les consommateurs peuvent y recourir, a-t-il rappelé.

Quant aux grandes surfaces, "je vous parie que si le mouvement continue, on va avoir des promotions sur les bières concurrentes", a-t-il prédit.

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