Quick: 'L'IPO est intéressante'

Jacques-Edouard Charret (à g.) et Rudy Hulsman ©Lieven Van Assche

Changement de têtes chez Quick: Jacques-Edouard Charret, ex-directeur général adjoint de Casino, a succédé à Jean-Paul Brayer au poste de CEO, tandis que Rudy Hulsman a pris la direction des opérations de Quick Belux. Dans une interview exclusive à L'Echo, les deux hommes reviennent sur 2009 et exposent leur stratégie pour 2010.Ils évoquent surtout les quatre options que leur actionnaire CDC envisage pour le futur de la chaîne: un LBO, un partenaire industriel, une émission obligataire, une IPO. Le management estime cette dernière solution intéressante.

Bruxelles (L'Echo) -  Le 4 janvier, le Français Jacques-Edouard Charret, ex-directeur général adjoint du distributeur français Casino, a succédé à Jean-Paul Brayer au poste de CEO de Financière Quick, tandis que le Néerlandais Rudy Hulsman a pris la direction des opérations de Quick Belux. Pour "L’Echo", ils reviennent sur 2009 et exposent leur stratégie pour 2010.

"2009 a été une très bonne année", affirme Jacques-Edouard Charret. Au niveau du groupe, Quick a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 925,6 millions d’euros (+4% sur un an). En Belgique, le chiffre d’affaires s’est monté à 159 millions (+8,2%). "Quick a compté 40 millions de visiteurs belges en 2009, ce qui veut dire que chaque Belge a visité 4 fois Quick en un an", observe Rudy Hulsman.

Rappelons que McDonald’s Belgique a progressé d’un peu moins de 8% pour atteindre 120 millions d’euros et 32 millions de visiteurs.

Quick possède 468 restaurants: 359 en France, 80 en Belgique, 7 au Luxembourg et 22 à l’international. En 2009, Quick a ouvert 17 restaurants: 13 en France, 2 en Belgique et 2 à l’international. "Le souhait pour 2010 est d’accélérer le nombre d’ouvertures, explique Jacques-Edouard Charret. 2010 devrait être une excellente année avec 30 ouvertures: 6 au Belux, 15 en France et 9 à l’international."

En Belgique, le premier restaurant a été ouvert vendredi dernier à Ruisbroek; le prochain le sera fin mars au Luxembourg, à Bascharage. Parmi ces 6 ouvertures, 4 seront des restaurants classiques, 2 seront des Giant Bar. "Le premier Giant Bar, ouvert à la gare centrale de Bruxelles en juin 2009, dépasse nos attentes, affirme Rudy Hulsman. C’est un concept qui a beaucoup de potentiel: il permet d’être présent avec un produit iconique - le Giant - dans des zones où le loyer est élevé, la surface disponible limitée, et où le pronostic de ventes ne justifie pas un grand restaurant." Le Quick classique occupe en moyenne 450 m², contre 80 à 100 m² pour un Giant Bar. "Le but est d’en ouvrir au moins un en France en 2010, mais il faut réfléchir à la façon d’adapter le concept au goût des Français", intervient Jacques-Edouard Charret. Une autre piste de développement est la présence sur autoroute. Le Quick ouvert le long de l’E19 à Ruisbroek, muni d’un drive-in, fera office de projet pilote. Autre piste encore: le Quick Café. Il en existe 2 en France: "des espaces dédiés dans nos restaurants, où l’on sert café et pâtisseries. Cela amène du chiffre et des clients à des heures où la vente de burgers est limitée."

Le groupe investira encore en 2010 50 millions d’euros dans l’extension et la rénovation du parc. En Belgique, "ouvrir 35 restaurants dans les 5 ans n’est pas impossible", assure Rudy Hulsman, qui espère en 2010 ajouter 10 millions d’euros au chiffre d’affaires 2009.

Le potentiel de la France serait de 300 nouvelles ouvertures, assure pour sa part le nouveau CEO. Pour 2010, ajoute-t-il, les défis sont: "passer le milliard d’euros de chiffre d’affaires, un objectif déjà voulu en 2009 mais empêché par la crise, et atteindre un parc total de 500 restaurants".

La cession de la participation de la société française CDCCI (rebaptisée Qualium Investissement) pourrait influer sur le rythme de développement de la chaîne. "Quick n’est pas en vente, insiste Jacques-Edouard Charret. Qualium a confié à la banque Rothschild un mandat de conseil qui doit aboutir courant 2010 à une recommandation et à un timing."

Le CEO identifie 4 pistes possibles
: la vente à un fonds; l’IPO ("Quick a été cotée et en a gardé les bonnes habitudes, c’est une piste intéressante et qui permettrait à Quick de poursuivre son développement"); le high-yield ou restructuration de la dette en emprunt obligataire ("plus chère que le LBO mais qui permet d’accélérer le développement de Quick"); et la cession à un industriel. "Cette hypothèse est peu plausible. Les autorités de la concurrence verraient d’un mauvais oeil une reprise par McDonald’s. Les autres ont soit des enseignes concurrentes, soit une santé financière qui ne leur permet pas une acquisition à très court terme. Je suis ouvert à toute option et n’en rejette aucune. Si je peux faire pencher la balance, je choisis celle qui pourra nous accompagner dans le développement de Quick."

F.A.

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