Sainsbury: TPG se retire du consortium d'achat, Blackstone en ferait autant

Du coup, le rachat de Sainsbury par des fonds d'investissement paraît voué à l'échec.

(afp) La tentative menée depuis février par un groupe de fonds d'investissement pour acheter Sainsbury, numéro trois des supermarchés britanniques, paraissait mal partie mardi, la famille fondatrice exigeant un prix élevé tandis que le fonds CVC se retrouvait apparemment seul en lice.

Le consortium emmené par le fonds CVC, et comprenant alors Blackstone et Kohlberg Kravis Roberts (KKR) -- auxquels s'est ensuite ajouté Texas Pacific Group (TPG) -- avait manifesté le 2 février son intérêt pour Sainsbury, au moment même où l'omniprésence de ces groupes d'investissement dans les rachats de grandes entreprises mondiales commençait à être dénoncé au Royaume-Uni.

Depuis, la presse relate quotidiennement l'avancée d'un dossier d'autant plus sensible que Sainsbury et sa couleur orange font partie du paysage quotidien de dizaines de millions de britanniques.

Mardi, elle présentait un échec comme l'issue la plus probable, alors que le consortium a jusqu'à vendredi, dernier délai, pour présenter une offre formelle ou renoncer pendant six mois minimum. La Bourse lui donnait raison et le titre Sainsbury dégringolait de 3,74% à 540 pence à la Bourse de Londres, vers 16h.

En effet, CVC semblait se retrouver seul en lice, avec sur les bras une proposition informelle à 582 pence par action, ou 10,1 milliards de livres (14,7 milliards d'euros) formulée au cours du week-end.

KKR a quitté le consortium la semaine dernière, préférant se concentrer sur son autre offre pour le groupe Alliance Boots, dont les activités de santé-beauté pourraient se trouver en concurrence fâcheuse avec celles de Sainsbury.

Mardi, le Times a annoncé que Blackstone et TPG s'étaient retirés à leur tour, information confirmée pour TPG.

Ces derniers jours, le consortium aurait pourtant multiplié les signes de bonne volonté, promettant d'investir 4,5 milliards d'euros sur cinq ans, de créer 16.000 emplois et de réserver 15% des titres aux salariés.

Mais avant même d'avoir formulé un prix, il a dû faire face aux réticences des fonds de pension de Sainsbury, soucieux de prendre des garanties avant un rachat par des fonds qui, par définition, endetterait lourdement le groupe.

Puis, l'offre à 582 pence formulée ce week-end, que le conseil d'administration jugerait pourtant raisonnable, selon le Financial Times, s'est heurtée au refus d'un actionnaire récent, Robert Tchenguiz, magnat de l'immobilier qui possède 5% de Sainsbury, et surtout de la famille fondatrice elle-même.

Les descendants du couple de crémiers londoniens qui avait ouvert une première boutique Sainsbury en 1869 détiennent encore 18% du groupe.

Selon le Financial Times, Lord John Sainsbury of Preston Candover, un parlementaire conservateur, ne veut céder ses 3% à aucun prix.

Quant à Lord David Sainsbury of Turville, ministre de la Recherche travailliste jusqu'à l'an dernier, il ne cédera pas ses 7,75% à moins de 600 pence (soit une valorisation totale de 10,4 milliards de livres).

"Lord Sainsbury a dit très clairement qu'il n'y avait aucune raison pour que le conseil d'administration ait même l'idée d'ouvrir les livres de comptes à moins de six livres", a indiqué son porte-parole mardi.

Ce prix semble élevé aux analystes, alors que l'action valait moins de 4 livres il y a six mois, et encore, après avoir déjà beaucoup grimpé à la suite d'un traitement de choc imposé depuis deux ans par son directeur général Justin King.

Robert Clark, un spécialiste du secteur du détail, a ainsi estimé que ce prix "est sur le fil du rasoir", mais "sans doute juste au-dessus du seuil" que le consortium s'est fixé pour "avoir les moyens ensuite de faire fonctionner le groupe".

Photo belga

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