Tour de table et appréciations des valeurs brassicoles européennes

©Jerry De Brie

La bière est plus savoureuse quand on la boit fraîche, c'est une certitude. Quand on parle des valeurs brassicoles, la température idéale est plus difficile à jauger. . Alors il y a-t-il des opportunités d'achat dans le domaine ou non ? Quelques avis d'analystes sur les derniers cru des brasseurs belges et européens.

Bruxelles (L'Echo) - La bière est plus savoureuse quand on la boit fraîche, c'est une certitude. Quand on parle des valeurs brassicoles, la température idéale est plus difficile à jauger. Avec un degré de consolidation qui grimpe en flèche, le moins que l'on puisse dire c'est que le secteur est secoué. L'actualité autour d'Inbev et Anheuser Busch, ou encore il y a quelques mois l'absorption de Scottish & Newcastle par Heineken et Carlsberg sont là pour en témoigner. Alors il y a-t-il des opportunités d'achat dans le domaine ou non ?
Quelques avis d'analystes sur les derniers cru des brasseurs belges et européens.

  • INBEV +0,18% à 50,30 euros


+6% hier. Juqu'à -3% aujourd'hui. Le titre InBev joue au yoyo. Pourquoi ? Parce que l'euphorie qui a entouré la naissance du premier brasseur au monde est un peu retombée. Et que la conference call tenue hier par Carlos Brito a permis d'approfondir quelques points qui ne sont pas toujours au goût du marché.

-Le financement. Outre l'endettement de 40 milliards de dollars, 8,3 milliards devraient provenir de la vente d'actifs (on pense bien sûr aux parcs d'attraction SeaWorld), mais également d'une levée de capitaux. De quel ordre de grandeur ? D'environ 4 milliards de dollars, à un prix 15% inférieur au cours actuel, selon les premières estimations. Ce montant est loin d'être définitif. Même si Brito assure que le prix de 65 dollars pour son OPA est juste et définitif, il pourrait devoir le porter à 70, voire 75 dollars, pour rendre l'opération plus sympathique aux yeux des actionnaires.

-Les dividendes. On ne peut rembourser ses dettes ET rémunérer royalement ses actionnaires. La gracieuse manne distribuée par InBev l'an dernier sera sensiblement rognée pendant les quelques années à venir. Selon les estimations de Felipe Dutra (CFO), il faudrait quatre ans au brasseur pour offrir à nouveau un dividende de 2,44 euros. Pour rappel, InBev avait surpris toute la communauté financière en faisant bondir son dividende de 0,72 euro à 2,44 euros.

Alors InBusch, un bon ou un mauvais deal ?

-A long terme, en tout cas, une excellente opération. La diversité géographique est optimale, les synergies sont évidentes, les marques complémentaires.

-A court terme, le titre pourrait être un peu sous pression. Plusieurs analystes ont d'ailleurs réduit leur objectif de cours sur la valeur dès ce matin. Mais les " conserver " et les " accumuler " n'ont pas varié d'un iota. La patience est la vertu des forts !

Pour Kris Kippers de chez Petercam, Inbev marque un grand coup, il faudra juste un peu patienter. " Nous conseillons Inbev à l'achat. Un rachat de AB est le moyen parfait pour le belgo-brésilien d'enfin s'imposer sur le marché américain et d'ici deux ans, l'endettement- nécessaire au financement de la transaction - ne se sentira déjà plus. "

  • DUVEL-MOORTGAT +1,33% à 44,99 euros


Evidemment, on ne joue plus dans la cour des grands quand on parle de la brasserie Duvel-Moortgat.
Pour Kippers d'ailleurs, c'est là le souci. " Le tire est un peu cher pour ce que l'on peut en attendre en retour. "
Le brasseur aurait en effet du mal à répercuter la hausse des coûts des matières premières, de part ses volumes de production réduits. " Duvel ne peut pas négocier avec les fournisseurs des prix assez intéressants car il n'est pas un assez gros client, du coup cela commence à se ressentir sur ses marges. "

  • Co.Br.Ha = à 1470 euros


Pas grande chose à dire en ce qui concerne le fabricant de la Primus, qui chapeaute les brasseries d'Haacht. Côté depuis longtemps sur Euronext, il est récemment passé sur la marché Alternext soit au double fixing tant les échanges sur le titre étaient réduits.
Numéro 3 en Belgique, elle subit une lourde concurrence d'Inbev, leader du marché, mais aussi d'Alken-Maes, désormais dans le giron d'Heineken.

  • HEINEKEN -2,55% à 35,54 euros


En ce qui concerne le néerlandais qui s'est emparé conjointement avec le danois Carslberg du britannique Scottish & Newcastle, Kippers préfère se contenir. " Heineken est en train d'intégrer les activités européennes et non-européennes de S&N, c'est une période de transition pour le groupe et il est difficile de dire exactement ce que ça va donner. "
Pour rappel, grâce à la fusion, le néerlandais a récupéré les activités en Grande-Bretagne (où S&N était n°1), Irlande, Portugal, Belgique ou encore Etats-Unis.
Cependant, Caucheteux insiste sur le fait que " Heineken reste une valeur sûre, juste un peu moins qu'Inbev. "

  • SABMILLER -0,08% à 1199 pence


Selon la dernière note publiée par Natixis, le sud-africain SabMiller tient très bien le coup face à la hausse des matières premières, notamment grâce à un effet prix plus important. Jusqu'à présent encore numéro un mondial en termes de volumes vendus, les spécialistes du secteur préfèrent rester silencieux quand aux conséquences de sa rétrogradation sur la seconde marche du podium.


Anne-Sophie Bailly & Amandine Cloot

annesophie.bailly@lecho.be

amandine.cloot@lecho.be

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