Electrabel sort 75 millions des caisses de Sibelga

Fluxys et Elia en mars, aujourd'hui Sibelga: ces trois opérations vont rapporter plus d'un milliard à GDF Suez.

 

(ECHO) Les participations belges de GDF Suez et de sa filiale Electrabel sont sous la loupe. Depuis le début de l'année, le groupe énergétique passe en revue sa stratégie sur le territoire belge. Avec quelques modifications importantes comme la vente, en mars dernier, de ses parts dans le gestionnaire du réseau d'électricité Elia et dans son pendant gazier Fluxys. Autre activité régulée venant de subir quelques modifications, le gestionnaire du réseau de distribution bruxellois Sibelga. Electrabel a proposé au conseil d'administration de voter lundi soir une redistribution des réserves aux actionnaires, ainsi qu'une diminution du capital. Si dans le nouvel équilibre, Electrabel reste actionnaire à hauteur de 30%, la filiale de GDF Suez empoche 75,6 millions d'euros. Au total, c'est un peu plus d'un milliard d'euros qui remonte vers Paris.

D'un dossier à l'autre, les explications varient. Dans le cadre de la vente des parts dans Fluxys (38,5%) et Elia (24,34%), l'opération était attendue. Au siège de l'énergéticien, on évoque différentes raisons. En substance, GDF Suez tire les leçons de la Pax Electrica qui a redessiné le paysage énergétique belge. Dans Fluxys, la Pax Electrica censée réduire le poids d'Electrabel depuis la fusion entre Suez et GDF, oblige Electrabel à passer sous les 25%, soit sous la minorité de blocage. Or, pour le management de GDF Suez, rester un actionnaire sans une minorité de blocage n'a pas vraiment d'intérêt pour un groupe industriel. Mais ceci n'explique pas tout. D'une certaine façon, en vendant ses participations dans Fluxys et Elia, la direction de GDF Suez anticipe la troisième directive européenne régulant les matières énergétiques. Sa transposition dans le droit belge interdira aux producteurs d'être opérateur dans les réseaux de transport. Cette vente lui rapportera 961 millions.

Le cas de l'intercommunale Sibelga est plus ou moins similaire. Actionnaire à hauteur de 30%, Electrabel est obligé de sortir totalement du gestionnaire bruxellois en 2012 depuis qu'un décret du gouvernement bruxellois l'y oblige. L'intention n'est visiblement pas pour l'instant d'accélérer le calendrier mais de rester à 30% face aux 19 communes. Mais ici aussi, cette présence n'est plus vue comme stratégique mais plutôt comme un produit financier jugé aujourd'hui pas assez rémunérateur. Le conseil d'administration de Sibelga a donc accepté lundi soir, sur proposition d'Electrabel, de redistribuer une partie des réserves aux actionnaires. Par le biais de cette opération qui doit encore recevoir l'accord des actionnaires en septembre, Electrabel empochera 24,6 millions. Parallèlement, Sibelga a procédé à une diminution de son capital de 170 millions. Elle permet à Electrabel de reprendre 51 millions. Les produits des réserves et du capital versés aux actionnaires communaux seront eux réinjectés dans Sibelga en échange de parts "E" rémunérées sur la base de l'Olo 10 ans à 70 points de base. "Ces parts ne changent rien à la répartition de l'actionnariat mais l'opération nous permet d'emprunter ailleurs que sur le marché public et donc d'échapper au précompte de 15%", explique Philippe Massart, responsable de la communication chez Sibelga.

Quant à Electrabel, son intérêt est purement financier. "Notre objectif est d'optimiser économiquement nos placements", dit l'électricien. Sa maison mère GDF Suez juge ainsi plus intéressant de réinjecter l'argent dans des opérations internationales plus rentables que de se limiter à une rémunération de 4,62% chez Sibelga.

Reste que pour certains observateurs, cette nouvelle opération qui suit la vente des parts dans Fluxys et Elia démontre toute la fragilité du poids belge. D'une position stratégique dans le business de Suez jadis, l'activité belge représente aujourd'hui peu de choses face à des régions comme l'Amérique du Sud ou le Moyen-Orient. De la à parler de désengagement, il ne faut peut-être pas exagérer. L'expérience et l'expertise nucléaire belges restent primordiales. Mais quid demain sans une prolongation des centrales nucléaires ? FXL

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