EON sauve la face sur Endesa et garde des réserves financières

Le groupe énergétique EON a sauvé la face dans la bataille pour Endesa en s'assurant le contrôle d'actifs importants de la société espagnole, jugeaient mardi les analystes, qui spéculent sur l'usage que va faire le géant allemand des énormes liquidités qui lui restent sur les bras.

(afp) "EON a tiré le meilleur parti possible de la situation", résume Matthias Heck, analyste de la banque Sal Oppenheim, interrogé par l'AFP. "Il était de toute façon très improbable qu'il arrive à prendre le contrôle" du premier électricien espagnol, selon lui.Lundi soir, le géant allemand de l'énergie avait annoncé avoir conclu une trêve de dernière minute avec l'italien Enel et l'espagnol Acciona, grands actionnaires d'Endesa et ses farouches adversaires pour le rachat du premier électricien espagnol.

A première vue, l'accord fait figure de capitulation pour EON, qui reconnaît l'échec de son offre de plus de 42 milliards d'euros sur Endesa avant même son arrivée à échéance mardi à Madrid, renonce à prendre une participation minoritaire et promet de ne pas repartir à l'assaut pendant quatre ans.Mais en laissant la voie libre à ses adversaires, EON évite de s'embourber dans une situation qui verrait les deux camps, chacun détenteur d'une part importante d'Endesa, se neutraliser et se lancer dans une coûteuse bataille judiciaire.

"Continuer à se battre pour le contrôle d'Endesa aurait tourné à une histoire sans fin à l'issue incertaine", a commenté mardi le patron du groupe allemand, Wulf Bernotat, lors d'une conférence de presse à Madrid.EON, en échange de son retrait, a fait promettre à ses adversaires de lui céder un important portefeuille d'actifs d'Endesa, en Espagne, Italie et France, d'une valeur évaluée à 10 milliards d'euros."L'accord permet à EON d'acquérir des actifs qui ont une valeur stratégique", estiment les analystes de Goldman Sachs dans une note, pour lesquels le compromis trouvé est "bien meilleur pour EON qu'un rachat complet d'Endesa.""Tous ces actifs représentent un excédent brut d'exploitation supplémentaire d'environ 1,2 milliard d'euros par an, et amènent des opportunités de croissance", applaudissent de leur côté les experts de Exane BNP Paribas.

Les analystes au grand complet soulignent que le compromis trouvé n'entamera pas beaucoup le trésor de guerre d'EON, et s'interrogent sur l'usage que va en faire le groupe.Wulf Bernotat a assuré mardi qu'il n'allait pas "s'endormir sur ses lauriers" et qu'il comptait mettre à profit l'excellente santé financière du groupe pour jouer un "rôle actif" dans la consolidation du secteur de l'énergie en Europe."Nous allons avoir plus d'opportunités pour notre croissance future sur d'autres marchés, comme en Russie, par exemple", a-t-il encore déclaré.

Mais les actionnaires du groupe allemand pourraient aussi profiter de la trêve conclue autour d'Endesa, en récupérant une partie du magot d'EON."L'accord trouvé donne à EON une marge de manoeuvre pour lancer un programme de rachat d'actions ou augmenter ses dividendes", estiment les analystes de la banque suisse UBS.Matthias Heck, de la banque Sal Oppenheim, table lui aussi sur un rachat d'actions mais "pas à très court terme."A la Bourse de Francfort, les investisseurs se frottaient déjà les mains mardi face à ces alléchantes perspectives: vers 11h00 GMT, l'action EON y caracolait en tête de l'indice vedette Dax, avec une hausse de 6,95%.

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