Erika: les procédures d'inspection de Total sur la sellette

©REUTERS

Au premier jour de leurs plaidoiries en appel au procès de l'Erika, des avocats de parties civiles ont accusé Total d'avoir failli dans la mise en oeuvre de ses procédures internes d'inspection de navires.

Des avocats de parties civiles ont accusé mercredi Total d'avoir failli dans la mise en oeuvre de ses procédures internes d'inspection de navires lors de l'affrètement de l'Erika, au premier jour de leurs plaidoiries au procès en appel de cette catastrophe maritime.

Le "vetting", système d'inspection des bateaux opéré par les compagnies pétrolières elles-mêmes, a tenu une bonne place dans les plaidoiries d' Alexandre Varaut, qui représente notamment la Vendée, et de Xavier Delplanque, défenseur de plusieurs communes souillées par la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier en 1999.

Le groupe, qui a affrété ce navire "corrodé, trop vieux", à quatre reprises dans les derniers mois de 1999, n'a pas effectué de nouveau contrôle avant son ultime voyage, alors que le "vetting" était "expiré depuis septembre 2009", a dénoncé Me Varaut.
"Total a affrété l'Erika, navire de 25 ans, les yeux bandés, sans avoir pris la précaution de faire les inspections qu'il aurait dû faire", a renchéri Me Delplanque.

Il a privilégié "ses intérêts économiques sur la sécurité et la protection de l'environnement", a-t-il ajouté.
Total réfute pour sa part que le "vetting" lui confère une responsabilité, arguant qu'il s'agit d'un contrôle limité ne pouvant se substituer à celui effectué par les sociétés de classification. Il assure que ce contrôle ne pouvait révéler la corrosion dans les structures du bateau, qui constituait selon lui un "vice caché".

Les deux avocats ont souhaité, plus généralement, que soient confirmées en appel les responsabilités des acteurs de "toute la chaîne" du transport maritime, qu'il s'agisse de Total, de la société de classification Rina, de l'armateur Giuseppe Savarese ou du gestionnaire de l'Erika, Antonio Pollara.

"Si vous avez le sentiment d'être confronté à une chaîne dont chacun des maillons a failli, alors je crois que vous condamnerez", a déclaré Me Varaut au président Joseph Valantin.

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