Escarmouches entre Publigaz et GDF Suez dans Fluxys

©Ivan Put

Pour le président de Publigaz, Daniël Termont, pas question de laisser passer l'occasion. "Nous sommes candidats au rachat des parts de Fluxys que GDF Suez décidera de vendre."

Bruxelles (L'Echo) - Une opération qui pourrait porter sur davantage que les 13,5% que le groupe GDF Suez est légalement obligé de céder. Selon plusieurs proches du dossier, l'énergéticien envisage en effet de se défaire de l'entièreté de sa participation dans Fluxys.

Une loi publiée le 8 décembre dernier imposait au groupe GDF Suez de réduire sa participation dans Fluxys, la société qui gère les gazoducs dans notre pays, à moins de 25% d'ici la fin 2009. Objectif? Eviter de potentiels conflits d'intérêts, où la société favoriserait le groupe en tant que client parce qu'il est un actionnaire important.

Pour l'instant, GDF?Suez détient toujours 38,5% de Fluxys.Les discussions entamées avec Publigaz n'ont pas abouti -selon l'énergéticien, parce que Publigaz aurait tenté de profiter des délais très courts qui lui étaient imposés pour obtenir à bas prix les 13,5% que GDF Suez est obligé de céder. L'énergéticien s'est alors tourné vers un autre acquéreur potentiel, au profil financier, qui aurait procédé à une sorte de portage.

Serait-ce Ecofin, auquel GDF Suez avait déjà vendu en juillet 2008 un paquet d'actions dans Fluxys pour faire pression sur Publigaz, qui a par la suite exercé son  droit de préemption sur ces actions? "Pas de commentaire, répond-on à la place du Trône. Sauf que l'opération visait juste à nous conformer à la loi. Ce n'est pas notre faute si le délai imposé était extrêmement court."

Promesses verbales


Publigaz, actionnaire de Fluxys à à 51,47%, qui représente les intérêts d'une série de communes dans le secteur, a craint que l'opération ne le prive de son droit de préemption."Un portage via une institution financière créait des incertitudes sur le statut de ces actions, confie Daniël Termont. GDF Suez nous avait promis oralement que nous pourrions exercer ce droit, mais nous ne voulions pas courir de risque."

Publigaz a dès lors introduit, entre Noël et Nouvel An, une action en référé, qui a conduit GDF Suez à renoncer à l'opération. Une opération qui portait, semble-t-il, sur les 13,5% que GDF Suez n'a plus le droit de posséder, mais qui aurait pu permettre de gagner du temps et de vendre ensuite la totalité du paquet de GDF Suez dans Fluxys à un autre acquéreur. Un désinvestissement total qui  lui permettrait sans doute de céder ses actions à un prix plus intéressant, et que le groupe envisage toujours.

Le holding Publigaz est bien décidé à saisir l'opportunité de se renforcer dans Fluxys. "Pas pour garder l'entièreté de ces actions, mais bien pour  s'organiser  et trouver des partenaires, peut-être industriels, qui pourraient apporter de la valeur ajoutée à Fluxys", précise Claude Grégoire, vice-président de Publigaz.

christine.scharff@lecho.be

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