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Gas Natural va se retirer, EON bien placé pour dominer l'Europe

Après 17 mois de lutte acharnée, Gas Natural devrait jeter l'éponge et se retirer jeudi de la course à l'achat du premier groupe d'électricité espagnol Endesa, l'allemand EON étant le mieux placé pour remporter les enchères en vue de constituer un nouveau titan énergétique européen.

(afp) Depuis plusieurs jours, la presse espagnole, qui cite des sources proches du dossier, prédit que le groupe gazier catalan va jeter l'éponge jeudi.

Le groupe, qui avait annoncé son projet d'OPA en septembre 2005, valorisant le premier électricien espagnol à 22,5 milliards d'euros, réunit un conseil d'administration extraordinaire à ce sujet dans la journée.Cette décision devrait dissiper tout le suspense et laisser la voie libre au premier groupe allemand EON, qui a jusqu'à vendredi pour modifier son offre. Selon les pronostics des observateurs du marché, EON devrait relever son offre, actuellement de 34,5 euros par action.Les actionnaires d'Endesa auront ensuite pour apporter leurs titres jusqu'au 26 février, presque un an jour pour jour après l'entrée d'EON dans la bataille.

Si un "front hispanique" d'actionnaires de blocage ne se constitue pas autour d'Acciona, qui détient 21,03% d'Endesa, le groupe allemand aura avancé à grandes foulées dans la course au gigantisme qui se joue en Europe.EON plus Endesa accoucheront en effet d'un nouveau titan du secteur énergétique.Par capitalisation boursière, EON (73,718 milliards d'euros) et Endesa (40,518 milliards) dépasseront même le champion français EDF (98,397 milliards d'euros), et seront présents sur tous les principaux marchés d'Europe continentale, Allemagne, Espagne, France, Italie (via les filiales d'Endesa).Parmi les autres potentiels champions, l'italien Enel ne pèse "que" 50,818 milliards, tandis que Suez s'il fusionnait avec Gaz de France, pèserait plus de 81 milliards d'euros.

Témoins de cette course qui ne laissera, selon les experts, que 5 ou 6 groupes européens, les deux principaux électriciens néerlandais, Essent et Nuon, ont annoncé jeudi leur fusion.Endesa occupe les "unes" des médias espagnols depuis le début de l'affaire, tant le dossier réunit d'éléments explosifs, politiques, diplomatiques, judiciaires et économiques, aux allures de roman d'espionnage.La presse a révélé que les pourparlers secrets entre Endesa et EON portaient le nom de "Projet Taurus", dans lequel EON, Endesa, et Gas Natural étaient respectivement appelés "Rouge", "Bleu" et "Gris".Politiquement, la gauche au pouvoir, favorable à l'émergence d'un champion national Gas Natural/Endesa s'est âprement opposé à EON, ce que la droite combattait au nom du respect des lois du marché.Sur le front diplomatique ensuite, Madrid s'est colleté un nombre incalculable de fois avec Bruxelles.Madrid a en effet renforcé en catastrophe les pouvoirs du régulateur national de l'énergie, la CNE, qui a fixé 19 conditions prohibitives, à un rapprochement EON/Endesa. Sous la pression de Bruxelles, la CNE a revu ses exigences à la baisse. EON s'en est satisfait, mais pas la Commission.

Le dossier devrait se régler devant la Cour de justice européenne.Divers tribunaux, en Espagne et aux Etats-Unis se sont penchés sur le dossier, où chacun accuse tout le monde d'enfreindre des règles de transparence ou de menacer l'équilibre du marché.Enfin, un invité-surprise a bouleversé la donne, le groupe de BTP Acciona, qui a fait irruption dans le capital d'Endesa en septembre.Nombre d'observateurs y ont vu une manoeuvre inspirée par l'exécutif pour contrer EON. Acciona réclame un prix prohibitif de 58 euros par action.Le patron d'EON, Wulf Bernotat, a affirmé qu'il ne se laisserait pas influencer par les rumeurs, réaffirmant que son offre actuelle était "très attractive".

Photo Belga

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