L'OPA sur Endesa contrée par l'alliance Acciona-Enel

Le feuilleton Endesa va probablement être prolongé jusqu'à l'automne après deux rebondissements vendredi, l'alliance Acciona-Enel contre EON et la décision de l'autorité boursière espagnole d'empêcher leur OPA pendant six mois, laissant une chance à EON de surenchérir.

(afp) Vendredi matin, le groupe de BTP espagnol Acciona et le groupe énergétique italien Enel, les deux principaux actionnaires du premier électricien espagnol Endesa, cible d'une OPA de 41 milliards d'euros de l'allemand EON, ont déclaré qu'ils étudiaient la possibilité de lancer ensemble une OPA sur Endesa.

"Les deux groupes étudient un projet de gestion partagée d'Endesa sous le commandement d'Acciona" qui déboucherait "après l'OPA d'EON (expirant le 29 mars, ndlr) sur le lancement d'une OPA sur Endesa", selon un communiqué d'Acciona transmis à l'autorité des marchés espagnols (CNMV).

Selon la presse espagnole, les deux groupes seraient prêts à mettre plus de 40 euros par action sur la table, contre 38,75 proposés par EON. Une offre à 40 euros valoriserait Endesa à 42,35 milliards d'euros, plus grosse OPA jamais lancée dans le secteur énergétique.

Ce coup de théâtre semblait vouer l'OPA d'EON à une mort certaine étant donné que les deux groupes contrôlent déjà 46% d'Endesa et qu'ils peuvent sans doute aisément rassembler une majorité de titres contre EON, avec l'aide des 3% de la holding d'Etat Sepi. Madrid est opposé au projet d'EON.

Mais l'autorité des marchés financiers espagnols (CNMV) a décidé vendredi à la mi-journée de geler pendant six mois après la fin de l'OPA d'EON une éventuelle offre d'Enel et Acciona. De plus, elle permet à EON de relever son offre.

Ce rebondissement va permettre à EON, qui dispose d'importantes réserves financières, de tenter de surenchérir pour séduire les actionnaires, sans garantir son succès.

Par ailleurs, ces deux évenements viennent prolonger un interminable feuilleton qui dure depuis 18 mois, avec l'annonce en septembre 2005 du projet d'OPA de Gas Natural sur Endesa.

EON était entré dans l'arène espagnole pour porter secours à Endesa, seul face à un projet d'OPA hostile de Gas Natural.

Alors a commencé pour lui un interminable calvaire fait de procédures judiciaires multiples, d'obstructions du gouvernement espagnol, de bras de fer diplomatique entre Madrid et la Commission européenne.

Le gouvernement socialiste soutenait le projet de Gas Natural pour créer un champion national espagnol. Même s'il proteste de sa neutralité, son ombre plane depuis le début au-dessus de tous les déboires allemands.

En septembre 2006, l'irruption du groupe de BTP espagnol Acciona dans le capital d'Endesa a été une nouvelle banderille dans l'échine allemande. Plusieurs observateurs voyaient en Acciona un bras industriel du gouvernement.

Mais Acciona seul ne semblait pas en mesure d'empêcher EON de l'emporter, d'autant que Gas Natural a jeté l'éponge le 1er février.

C'est alors qu'est venue une nouvelle pique, l'entrée de l'électricien Enel dans Endesa le 27 février, une semaine après un sommet Espagne-Italie à Ibiza. Enel est contrôlé à 31% par l'Etat italien.

Ces mouvements illustrent la frénésie des grands groupes énergétiques qui se livrent à une féroce course à la taille pour être le plus efficace possible lors de la libéralisation totale des marchés.

La cotation de l'action Endesa, suspendue depuis jeudi soir, reprendra lundi matin.

L'action Endesa est passée de 19,09 euros le 5 septembre 2005, date du lancement de l'OPA, à 38,65 euros jeudi à la clôture.

Photo Belga

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