La bataille pour le contrôle d'Endesa s'emballe, EON marque des points

La lutte pour le contrôle Endesa s'est emballée lundi: l'allemand EON, donné battu il y a peu, a fait grimper son offre d'achat à 42,3 milliards d'euros et a décroché enfin le soutien formel du conseil d'administration du groupe d'énergie espagnol.

(afp) Le numéro un allemand de l'énergie, qui bataille depuis plus d'un an pour racheter Endesa, a relevé pour la troisième fois son offre qui passe de 38,75 à 40 euros par titre Endesa, valorisant la société espagnole à quelque 42,3 milliards d'euros.

La proposition d'EON "reflète de manière adéquate la valeur de la compagnie", a réagi Endesa qui conseille pour la première fois aux actionnaires d'adhérer à l'offre, dans un communiqué transmis à l'autorité des marchés financiers espagnols (CNMV).

Cet avis favorable intervient alors les groupes italien Enel et espagnol Acciona (BTP), déjà en mesure de contrôler 46% du capital, ont précisé plus tôt leur projet de gestion commune d'Endesa et se disent prêts à mettre sur la table au moins 41 euros par action, soit une valorisation totale de 43,4 milliards.

Le rachat d'Endesa atteindrait ainsi un montant jamais vu dans le secteur de l'énergie européen, une escalade révélatrice de la course éperdue à la taille qui y prévaut actuellement.

L'alliance Enel-Acciona n'a pas le droit de lancer son OPA avant début octobre. Mais ses promesses pourraient suffire à faire capoter celle d'EON, qui court jusqu'au 3 avril.

"Les agissements illégaux d'Acciona et Enel sont une tentative pour tromper les actionnaires d'Endesa et pour manipuler le prix de l'action", a accusé le groupe allemand en annonçant aussi deux recours en Espagne et aux Etats-Unis.

Il demande au gendarme espagnol de la Bourse CNMV, qui doit annoncer mardi matin sa décision sur le projet d'offre commune d'Enel et Acciona, de les obliger à revendre les actions Endesa déjà en leur possession, et d'interdire définitivement leur OPA. EON essaye aussi de faire bloquer par un tribunal new-yorkais l'achat de nouveaux titres d'Endesa par Enel et Acciona.

En raison de sa propre OPA en cours, EON n'est pas autorisé à racheter des titres Endesa sur le marché, ce dont les deux autres ne se sont pas privés.

Acciona était entré fin septembre au capital d'Endesa et n'a jamais caché son hostilité aux plans d'EON. Le poids lourd italien de l'énergie Enel a lui joué les invités surprise il y a un mois.

Les deux sociétés ont initialement assuré ne pas agir de concert et se sont bien gardées de franchir individuellement le seuil de 25% du capital d'Endesa, au-delà duquel la législation boursière espagnole oblige à lancer une OPA.

Cela n'a pas empêché des soupçons d'une initiative commune soutenue par les gouvernements italien et espagnol. Ceux-ci ont protesté de leur neutralité, peu crédible toutefois alors que Madrid met depuis le départ des bâtons dans les roues d'EON et que l'irruption d'Enel est intervenue quelques jours après un sommet gouvernemental italo-espagnol.

Enel et Acciona ont finalement annoncé vendredi qu'ils envisageaient une offre conjointe sur Endesa, et la CNMV s'est rangée du côté d'EON en l'autorisant exceptionnellement à relever son offre.

EON qui au départ voulait intégrer totalement Endesa, a déjà été contraint à des concessions. Il a même laisser entendre qu'il pourrait se contenter d'une part minoritaire.

Le groupe allemand n'a d'autre choix que de s'entêter, faute de scénario alternatif. En Allemagne, les autorités de la concurrence l'empêchent désormais d'acheter quoique ce soit. Les privatisations en Europe de l'Est traînent en longueur. Et les marchés voisins français et italien restent verrouillés par des opérateurs publics ou semi-publics.

Photo Belga

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