La justice va expertiser les actifs de Total en mer de Norvège

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Cette décision est intervenue dans le cadre du procès intenté par des anciens actionnaires minoritaires de PetroFina contre celle-ci, contre Total Chimie et contre l'ensemble du groupe Total. L'action fut entamée par les demandeurs, en 2003, après les offres publiques d'échange (OPE) lancées sur PetroFina par Total, en 1998 et en 2000, lesquelles avaient permis à Total de prendre, en 2002, le contrôle à 100% de PetroFina.

(Belga) - Le tribunal de commerce de Bruxelles a donné jeudi soir mission à un expert judiciaire pour "donner son avis sur la valeur des actifs qui étaient détenus par la succursale norvégienne de FEN au jour de leur cession à Total Norge A.S., ainsi que l'impact de cette opération (...) sur le prix offert pour la reprise des actions".

Une deuxième mission est également confiée à cet expert: "Examiner tout autre grief, relevant de l'abus de majorité, qui pourrait être lié aux relations intra groupe entre Total et ses filiales, d'une part, et PetroFina et ses filiales, d'autre part".

Cette décision est intervenue dans le cadre du procès intenté par des anciens actionnaires minoritaires de PetroFina contre celle-ci, contre Total Chimie et contre l'ensemble du groupe Total. L'action fut entamée par les demandeurs, en 2003, après les offres publiques d'échange (OPE) lancées sur PetroFina par Total, en 1998 et en 2000, lesquelles avaient permis à Total de prendre, en 2002, le contrôle à 100% de PetroFina.

Les derniers actionnaires minoritaires considèrent qu'ils ont été floués, dans la mesure où ils n'auraient pas eu d'autre choix que de céder chacun de leur titre au prix de 600 euros, alors que, estiment-ils, celui-ci était de 801 euros, au moment de la dernière OPE. Ils évaluent le montant total de ce préjudice à quelque 20 millions d'euros.

Me Mischaël Modrikamen, conseil d'une partie ces derniers actionnaires minoritaires, considère que les dirigeants de Total ont justifié, à tort selon lui, cette perte de 200 euros par titre, par le fait que PetroFina avait perdu beaucoup de sa valeur. L'avocat qualifie les "manoeuvres" de Total de trompeuses et comme constitutives d'un abus d'autorité.

L'avocat a dit relever qu'avant l'Offre publique de reprise, PetroFina avait effectivement perdu l'un de ses atouts majeurs, soit l'exploitation de champs pétrolifères en mer de Norvège à une filiale de Total. Mais même cette cession est suspecte, aux yeux du plaideur, puisqu'elle n'aurait rapporté que 832 millions d'euros à PetroFina, alors que la valeur réelle aurait été de l'ordre de 3,5 milliards d'euros.

Le tribunal de commerce de Bruxelles a suivi une petite partie de cette argumentation pour ordonner une expertise sur les champs pétrolifères en mer de Norvège.

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