Le pétrole flambe malgré la récession annoncée aux USA

Le prix du baril de pétrole a enregistré mercredi des records de clôture à New York et à Londres. Alors qu'ils s'étaient quelque peu endormis depuis trois semaines, les cours du pétrole se sont en effet enflammés après la publication de l'état des réserves pétrolières américaines, ressorties en forte baisse à la surprise générale.

(afp) - Le prix du pétrole a atteint de nouveaux records historiques à New York et à Londres mercredi, dopé par une chute inattendue des stocks pétroliers américains, malgré la "légère récession" annoncée aux Etats-Unis.


Les cours du baril de brut ont flambé de plus de trois dollars sur les marchés pétroliers de part et d'autre de l'Atlantique.


A New York, le pétrole a dépassé le seuil historique des 112 dollars en se posant à 112,21 dollars, un record absolu.
Sa précédente marque de référence (111,80 dollars, en séance) remontait au 17 mars. Le prix du baril de brut a aussi effacé son ancien record de clôture (110,21 dollars) en finissant à 110,87 dollars.


A Londres,
le prix du pétrole s'est aussi fortement renchéri, franchissant pour la première fois le cap des 109 dollars, à 109,50 dollars le baril. Comme à New York, il a aussi terminé à un plus haut en clôture à 108,47 dollars.


Alors qu'ils s'étaient quelque peu endormis depuis trois semaines, les cours du pétrole se sont enflammés après la publication de l'état des réserves pétrolières américaines, ressorties en forte baisse à la surprise générale.


Les stocks de brut ont en effet fondu de 3,2 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis, ceux d'essence - très suivis à l'approche de l'été, période de grands déplacements - de 3,4 millions de barils, tandis que les réserves de produits distillés (fioul de chauffage et diesel) ont diminué de 3,7 millions de barils.


"Les investisseurs s'attendaient à une reconstitution des stocks et c'est tout le contraire qui s'est produit", expliquait Antoine Halff, analyste chez le courtier Newedge Group.


Cette chute inattendue des stocks bouscule l'équilibre déjà précaire entre le niveau des approvisionnements de brut et la consommation, d'autant que la demande internationale, notamment dans les pays émergents, reste forte.
"Les pays d'Amérique du sud, qui se préparent à entrer dans l'hiver, ont besoin de brut pour alimenter leurs centrales électriques. Ils ont de nombreux problèmes d'électricité", a souligné M. Halff.


L'agence gouvernementale américaine d'information à l'Energie (EIA) prévoit une croissance de 1,2 million de barils par jour en 2008 de la consommation pétrolière mondiale, sous l'effet de la hausse de la demande en Chine, en Inde, en Russie et dans les pays membres de l'Opep.


Mais si la demande énergétique va croître dans le reste du monde, elle devrait se tasser aux Etats-Unis, premier consommateur d'or noir, en raison du ralentissement économique, ce qui devrait normalement entraîner une baisse des prix, font valoir les analystes.


"L'économie américaine connaîtra une légère récession en 2008" avec un repli de la consommation, affirme le Fonds monétaire international dans ses perspectives économiques mondiales publiées ce mercredi.


L'EIA estime que la demande en hydrocarbures va baisser de façon significative en 2008 chez le premier consommateur mondial d'énergie.
La consommation d'essence devrait y chuter de 85.000 barils par jour cet été par rapport à la même période en 2007, ce qui serait la première baisse estivale depuis 1991.
"Ce qui compte ce n'est pas le recul de la demande énergétique américaine, mais le fait qu'il y ait des besoins de pétrole ailleurs", relevait James Williams, analyste au cabinet WTRG Energy.


Par ailleurs, le nouvel effritement du dollar, monnaie dans laquelle est vendu le pétrole, a attiré vers les marchés pétroliers les investisseurs munis d'autres devises et cherchant à se prémunir de l'inflation.


Le dollar est retombé mercredi et l'euro s'est hissé à plus de 1,58 dollar.

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