Le secteur de l'énergie en proie à une fièvre spéculative en Europe

Poussé par un vent soutenu d'annonces diverses, le secteur de l'énergie suscite l'enthousiasme sur les marchés européens.

(L'Echo) Le secteur de l'énergie a le vent en poupe ce jeudi sur les marchés européens, soutenu notamment par la spéculation autour d'opérations et d'annonces de rachat d'actions. Un vent chaud et sec, en provenance d'Espagne. La montée du financier Albert Frère dans l'espagnol Iberdrola, via la CNP et GBL, suscite bien des interrogations, qui vont de l'intérêt avoué du milliardaire wallon pour les énergies renouvelables à l'accélération possible d'un processus de regroupement stratégique dans le secteur énergétique européen. En attendant, l'opération a dopé le cours des protagonistes. Vers 15h45, la CNP progressait de 2,56% et GBL de 2,68%.

A la même heure, l'action du géant allemand E.ON grimpait de 5,20%, sous l'impulsion de l'annonce d'un plan ambitieux.

En Espagne, le titre d'Iberdrola, second groupe énergétique espagnol, montait de 1,97% suite à l'entrée d'Albert Frère, le premier actionnaire de Suez (9,5%), dans son capital. Le Belge, qui possède 3% de Total et 17% de Lafarge, détient désormais 5% du groupe espagnol. L'opération alimente des spéculations sur un rapprochement franco-espagnol dans le secteur de l'énergie. De fait, elle suit de 15 jours la montée au capital de Suez dans le groupe espagnol Gas Natural, à hauteur de 11,3%. Elle pourrait constituer une opération à trois bandes, entre Suez, Gas Natural et le puissant groupe espagnol de BTP ACS, premier actionnaire d'Iberdrola, avec 11,7%.

Une possibilité soutenue par le journal espagnol Cinco Dias qui, évoquant des sources industrielles proches du dossier, estime qu'il s'agit du premier pas de Frère vers la prise de contrôle d'Iberdrola.

Le mouvement est, probablement, à analyser dans la cadre des incertitudes liées au projet de fusion entre Suez et Gaz de France. Ainsi, le courtier Oddo Securities a estimé en début de semaine que Gas Natural pourrait être, pour Suez, un le plan B à Gaz de France.

Sur Euronext Paris France, le titre du groupe énergétique français EDF s'envolait de 2,76% à 69,69 euros, porté par la spéculation sur son secteur d'activité en Europe, et approchait du seuil de 130 milliards d'euros de valeur boursière, juste derrière Total, première capitalisation française. Le titre de Suez progressait de 1,45% vers 16 h 00.

En Allemagne, l'action du numéro un allemand de l'énergie EON a bondi de plus de 6% à la Bourse de Francfort juste après l'annonce d'un gigantesque programme de rachats d'actions. EON veut procéder à un rachat d'actions pour un montant de 7 milliards d'euros d'ici à la fin 2008, soit 9% de sa capitalisation boursière et s'est fixé par ailleurs pour objectif d'augmenter de 10% à 20% par an en moyenne son dividende d'ici à 2010.

Vincent Georis

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Photo Belga

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