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La Russie et le Bélarus campaient toujours sur leurs positions vendredi dans la crise sur le prix du gaz, à trois jours de la fin de l'ultimatum du géant gazier russe Gazprom qui pourrait entraîner des "pénuries" en Europe après une coupure du robinet gazier au matin du Nouvel An.

(afp) Le climat de négociations "est tendu, mais il reste une chance bien sûr" de trouver un accord à temps, a déclaré à l'AFP le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov.

"Les contacts sont maintenus en permanence", a ajouté le porte-parole alors que l'ultimatum lancé par le géant gazier, vaisseau amiral de la force de frappe énergétique russe, expire au matin du 1er janvier, à 07H00 GMT.A Minsk, un conseiller du ministre bélarusse de l'Energie, Andreï Joukov se voulait cependant optimiste."Le problème sera probablement réglé aujourd'hui (vendredi) ou demain (samedi)", a-t-il déclaré à l'AFP, indiquant que la partie bélarusse avait "présenté" jeudi "un paquet supplémentaire de documents pour les négociations".

Dans une interview au Figaro parue vendredi, le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev a fustigé le "chantage grotesque" de Minsk qui menace d'interrompre les livraisons de gaz vers l'Europe et mis en garde contre un possible "rationnement" entraînant des "pénuries" en UE."J'ai été surpris (...) du départ inopiné de nos collègues bélarusses de la table de négociation. Et j'ai trouvé grotesque leur chantage avertissant nos clients européens d'une interruption du transit du gaz russe sur le territoire bélarusse", a-t-il déclaré.

Tout en se disant "confiant dans le fait qu'il n'y aura probablement pas" de conséquences pour les clients européens de Gazprom, M. Medvedev a estimé qu'on ne pouvait pas "exclure un rationnement contraint de l'offre (russe) et donc des pénuries" en Europe.Environ 5% du gaz consommé par les Européens transite par le Bélarus.Jeudi soir, le Premier ministre bélarusse Sergueï Sidorski avait fustigé "l'absence d'attitude constructive" de Gazprom et répété ses menaces d'empêcher le transit gazier vers l'Union européenne faute d'accord.

Depuis mardi et l'échec des négociations sur une hausse du prix du gaz fourni au Bélarus qui devait passer de 46 à 200 dollars les 1.000 m3, le ton n'a fait que monter entre Moscou et Minsk, et ce malgré un compromis proposé par les Russes.Le géant gazier russe, qui ne cache pas convoiter Beltransgaz, a en effet offert à Minsk de payer 105 dollars les 1.000 m3 de gaz en l'échange de l'acquisition de 50% de ce maître d'oeuvre du réseau de gazoducs bélarusses.La crise gazière entre Moscou et Minsk rappelle le conflit du même genre entre Moscou et Kiev qui avait entraîné en janvier dernier des interruptions de livraisons de gaz en Europe.

Mais alors qu'à l'époque, les Européens avaient critiqué la Russie et volé au secours de l'Ukraine dirigée par un président pro-occidental bien vu dans les chancelleries européennes, cette fois, le ton se fait plus mesuré. Le régime bélarusse, toujours au ban de la communauté internationale, est en effet qualifié de "dernière dictature d'Europe" par Washington. Jeudi, le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs s'est contenté d'appeler les deux ex-républiques soviétiques à trouver "au plus vite un accord qui ne mette pas en danger le transit du gaz vers l'UE", soulignant que "la Commission suit la situation de très près". Il ajouté que le Groupe de coordination pour le gaz, qui rassemble notamment des représentants des 25 et des industriels et vise à garantir la sécurité des approvisionnements, se réunira le 4 janvier pour "évaluer la situation".Le premier importateur de gaz en Allemagne, EON Ruhrgas, a de son côté relativisé l'impact pour ce pays d'une crise éventuelle, indiquant qu'une grande partie du gaz de Gazprom arrivait par l'Ukraine et que le Bélarus n'était pas la voie de transport essentielle.

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