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Pétrole: les majors résignées face au Venezuela et la Russie

(AFP) Les compagnies pétrolières occidentales sont désormais obligées de composer face aux vagues de nationalisation des ressources énergétiques au Venezuela et en Russie, où les autorités entendent profiter à plein de l'envolée du cours des hydrocarbures.

Le parachèvement cette semaine de la reprise en main par le régime de Hugo Chavez de la Ceinture de l'Orénoque, une région très riche en brut extra-lourd d'un type nouveau, a marqué une étape significative dans ce processus.

La compagnie d'Etat vénézuélienne, PDVSA, a pris le contrôle de plusieurs projets d'exploitations importants, obligeant les groupes étrangers présents, Total (France), Statoil (Norvège), Chevron (Etats-Unis), BP (Grande-Bretagne), Eni (Italie) et Sinopec (Chine), à se contenter de participations minoritaires.

"Cela montre que les entreprises se sont adaptées aux nouvelles conditions du pays", a indiqué un porte-parole de Total. "Nous ne connaissons pas celles qui ont été offertes aux autres, mais en ce qui nous concerne nous sommes satisfaits", a renchérit un représentant de Statoil.

Au final, PDVSA voit sa part doubler à 78% dans les co-entreprises. Deux majors américaines ConocoPhilipps et ExxonMobil ont refusé de plier et préféré jeter l'éponge: elles vont à présent tenter de négocier leur départ au mieux avec Caracas.

Parallèlement, les majors occidentales doivent aussi passer sous les Fourches Caudines de la Russie, assise sur les plus importantes réserves gazières mondiales.

Gazprom vient de s'emparer, à un prix jugé bradé par la plupart des analystes, de l'un des principaux actifs du géant pétrolier britannique BP en Russie, dans le champ de Kovykta en Sibérie, considéré comme l'un des plus prometteurs du pays.

Il y a seulement six mois, dans le gigantesque projet Sakhaline 2 (Extrême-Orient russe), l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell et deux groupes japonais avaient dû aussi céder une part majoritaire au même Gazprom après des mois de pression de Moscou.

Et ExxonMobil, poussé vers la sortie au Venezuela, pourrait avoir des soucis dans le projet russe Sakhaline 1, qu'il mène en partenariat et qui fait de l'ombre à Gazprom.

En Russie, comme au Venezuela, les compagnies étrangères avaient profité dans les années 1990 de l'ouverture des marchés locaux de l'énergie pour signer des contrats d'exploitation lucratifs, dans un contexte de prix des hydrocarbures peu élevés. Et en profitant dans le cas de la Russie de la désorganisation politique qui régnait.

Mais la donne a changé avec la multiplication par trois depuis début 2002 des cours. Désormais ces pays, tout comme d'autres pays producteurs à l'instar de la Bolivie, revendiquent une plus grande part du gâteau.

Elio Ohep, de la revue spécialisée World Petroleum, souligne que l'ouverture au privé des années 90 au Venezuela n'était qu'une parenthèse. "La vraie nationalisation au Venezuela a eu lieu en 1977".

Les analystes font aussi valoir que des pays occidentaux producteurs de pétrole, tels les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, cherchent eux aussi à profiter davantage de la flambée des prix, en augmentant l'imposition des compagnies.

"Durant les 30 dernières années on n'a pas fait de grandes découvertes dans le monde pour augmenter les réserves prouvées", estime Mazar Al Shereida, enseignant spécialisé dans le secteur pétrolier à l'Université centrale du Venezuela.

Le Venezuela et la Russie sont donc en position de force avec leurs nouveaux gisements, l'Orénoque et son brut lourd pour le premier, qui ouvre de nouveaux horizons, et le gaz pour le deuxième.

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