Rosneft a emporté pour 6,8 milliards de dollars plusieurs actifs de Ioukos

Rosneft, qui partait favori pour cette enchère, comme d'ailleurs pour presque toutes les précédentes, n'était opposé cette fois qu'au groupe Unitex, dont l'identité demeure obscure.

Le groupe public russe Rosneft a emporté jeudi pour 6,8 milliards de dollars plusieurs actifs de l'ancien numéro un du pétrole russe Ioukos, grâce auquel il peut désormais prétendre au titre de champion du pétrole russe.

Rosneft, qui partait favori pour cette enchère, comme d'ailleurs pour presque toutes les précédentes, n'était opposé cette fois qu'au groupe Unitex, dont l'identité demeure obscure, mais qui selon certains journaux russes aurait des liens avec le géant gazier Gazprom.

Cette fois encore, les enchères, organisées au siège de Ioukos à Moscou, n'ont duré qu'une poignée de minutes, mais le lot, qui portait le numéro 10, a été vendu 400 millions de dollars au dessus de son prix de départ.

Il est composé principalement de deux grosses filiales de Ioukos, Tomskneft et East Siberian Oil and Gas Company (VSNK), et de plusieurs grosses raffineries à Achinsk et Angarsk, en Sibérie orientale.

Rosneft avait déjà emporté fin mars le plus gros lot d'actifs Ioukos mis en vente jusqu'ici cette année, et qui était constitué de 9,44% de son propre capital pour 7,6 milliards de dollars.

Il s'était également approprié fin 2004 le fleuron de Ioukos, Iouganskneftegaz, pour 9,35 milliards de dollars.

Et il part encore favori pour la prochaine enchère d'importance, celle du lot numéro 11, qui verra la vente, jeudi 10 mai, du producteur Samaraneftegaz, assis sur 1,7 milliard de barils de réserve.

Rosneft, qui est détenu à 75% par l'Etat russe, n'a de cesse de bomber le torse depuis quelques semaines: il s'est proclamé jeudi premier groupe public mondial en termes de réserves et ne fait pas mystère sur le fait que le gigantesque emprunt de 22 milliards de dollars contracté fin mars est bel et bien destiné à s'offrir des pans entiers de Ioukos.

Il est désormais sur le point de damer le pion à l'autre champion pétrolier russe, le groupe privé Loukoïl, qui s'est tenu totalement à l'écart des enchères.

La production de Rosneft, estimée à 1,684 million de barils par jour (mbj) en avril, va augmenter à 1,86 mbj avec les actifs acquis jeudi et pourrait grimper à 2,1 mbj la semaine prochaine s'il parvient à s'emparer du lot numéro 11, selon les calculs de Chris Weafer, analyste de la banque Alfa à Moscou. Par comparaison, Loukoïl n'a produit que 1,8 mbj en avril.

Mais les analystes s'interrogent encore sur les intentions de Rosneft vis-à-vis des différentes parties du lot, alors que le journal russe Vedomosti affirme qu'il s'est déjà entendu avec Gazprom pour se répartir les principaux actifs des lots 10 et 11: Rosneft récupérerait les raffineries et Gazprom les sites de production, selon le journal, qui cite des sources proches de Gazprom et du liquidateur de Ioukos.

Un porte-parole de Rosneft, interrogé par l'AFP à l'issue de la vente, n'a pas levé cette ambiguïté, se contentant de souligner que "l'acquisition de VSNK est une nouvelle étape qui va contribuer à renforcer la position de la compagnie dans cette région stratégique", sans mention de Tomskneft.

Ioukos avait été placé en liquidation judiciaire en août 2006 à la suite d'un procès retentissant pour fraude fiscale et escroquerie à grande échelle, considéré comme inspiré par le Kremlin face aux ambitions politiques affichées par son PDG Mikhaïl Khodorkovski, aujourd'hui en prison.

Le produit des ventes aux enchères doit servir à éponger les dettes du groupe, évaluées à 20,7 milliards d'euros répartis entre 68 créanciers.

L'essentiel des actifs encore entre les mains de Ioukos doit être vendu d'ici août 2007.

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