RWE n'exclut pas des achats ciblés

Le numéro deux allemand de l'énergie RWE n'exclut pas des achats "sélectifs", en particulier lors de privatisations en Europe de l'Est, mais voit pour l'instant sur le marché peu de possibilités attractives, a indiqué vendredi son patron Harry Roels.

(afp) "Notre stratégie de croissance n'exclut pas la possibilité d'acquisitions sélectives", a indiqué M. Roels lors d'une conférence de presse à Essen (ouest) à l'occasion de la présentation des résultats annuels.

"Toutefois, le marché surchauffé des acquisitions actuellement, avec des valorisations de sociétés exceptionnellement élevées, offre très peu d'opportunités pour une croissance externe saine", a-t-il ajouté.

Le grand rival allemand EON a ainsi relevé début février à un montant record de 41 milliards d'euros son offre pour racheter l'électricien espagnol Endesa.

"Dans les conditions actuelles, la croissance organique est mieux adaptée pour atteindre des rendements ambitieux", a commenté M. Roels. "Avec une telle croissance organique, RWE a affiché de bonnes performances ces dernières années."

M. Roels, qui doit quitter ses fonctions l'an prochain, a toutefois assuré que "nous étudierons les options qui se présentent partout où il y aura des chances de croissance externe sélective", c'est-à-dire en étant "disciplinés sur la qualité de la cible et le prix d'achat".

RWE entend en particulier utiliser les chances offertes par les privatisations, avec une attention particulière pour "la Pologne, la Hongrie, la Slovénie, la Serbie, la Roumanie, la Croatie, la Bulgarie et le Kosovo", a dit M. Roels.

En réponse à des questions de journalistes, M. Roels a indiqué envisager aussi des acquisitions en Autriche, sans préciser davantage, et noté que le groupe "aimerait bien être actif en France". Sur ce dernier marché, il a dit suivre les occasions qui se présentent, relevant que la fusion entre Suez et Gaz de France, si elle réussit, sera sûrement conditionnée par les autorités de la concurrence à des cessions d'actifs.

Il a en revanche une nouvelle fois démenti des rumeurs sur un intérêt de son groupe pour le britannique Scottish Power, déjà visé par l'espagnol Iberdrola.

Depuis son arrivée il y a quatre ans, Harry Roels s'est surtout focalisé sur la réduction de l'endettement pharaonique du groupe, en cédant une série d'actifs périphériques. Mais RWE semble pour l'instant assister en simple spectateur à la consolidation du secteur de l'énergie, au point que certains analystes estiment qu'à rester trop inactif, il pourrait lui-même devenir une cible.

M. Roels a toutefois pondéré ces craintes vendredi en estimant que "RWE est vraiment un gros morceau" et qu'il "serait très difficile de réussir un achat." Le groupe a actuellement une valorisation boursière de plus de 40 milliards d'euros.

Photo EPA

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