Suez et La Caixa vont assurer leur contrôle sur Agbar en lançant une OPA

Le groupe français Suez Environnement et la caisse d'épargne espagnole La Caixa vont lancer une OPA conjointe sur Aguas de Barcelona (Agbar), dont ils sont déjà les premiers actionnaires, confortant leur implantation dans cet acteur majeur de l'eau.

(Afp) L'offre se fera au prix de 27 euros par action en liquide, valorisant le numéro un espagnol de l'eau à environ 4 milliards d'euros.

Cette offre est inférieure au prix de l'action lorsque le cours a été suspendu mardi à la Bourse de Madrid, qui était de 28,03 euros.

L'action Agbar, dont la cotation a repris à 14h, était en baisse de 2,28% à 17h à 27,39 euros. A la Bourse de Paris, l'action Suez progressait à 17h de 0,59% à 40,68 euros.

Suez et La Caixa détiennent déjà 47,9% d'Agbar par le truchement de Hisusa, une coentreprise détenue à 49% par l'espagnol et à 51% par le français.

Suez Environnement détient en son nom propre 1,8% d'Agbar.

Hisusa, Suez et La Caixa ont obtenu l'engagement du deuxième actionnaire d'Agbar, Torreal, de verser ses 6,5% à l'offre.

Les deux groupes veulent que 30 à 33% du capital d'Agbar reste flottant.

Hisusa va acquérir les actions Agbar jusqu'à ce que sa part atteigne 65,20% du capital, et au delà de ce seuil, la répartition des titres se fera entre les deux actionnaires d'Hisusa, Suez et La Caixa, au prorata de leur participation dans Hisusa.

L'opération sera financée par les ressources propres des deux groupes.

Agbar est un acteur majeur du secteur de l'eau dans le monde, avec des actifs en Espagne, au Royaume-Uni, au Chili, au Mexique, en Colombie et à Cuba.

En 2006, son chiffre d'affaires a été de 3,12 milliards d'euros pour un excédent d'exploitation (Ebit) de 372,1 millions d'euros et un bénéfice net de 308 millions d'euros. Le groupe emploie près de 27.000 personnes, principalement dans l'eau, mais aussi dans l'inspection, la certification et la santé.

"Le but de cette opération est d'acquérir une position significative, de contrôle et de stabilité dans l'actionnariat (...) afin de consolider le projet industriel", selon le communiqué transmis à l'autorité des marchés financiers espagnols (CNMV).

Elle "confirme la stratégie de Suez fondée sur le développement conjoint des métiers de l'énergie et de l'environnement", souligne Suez dans un communiqué distinct publié à Paris.

"Elle démontre aussi sa volonté de se développer sur le marché espagnol en collaboration avec son partenaire historique", ajoute le groupe.

Suez avait notamment remporté avec Agbar en juillet 2006 un contrat pour la conception et l'exploitation de l'usine de dessalement de Barcelone.

Cette opération renforce le pôle environnement de Suez, alors que le groupe, toujours engagé dans un processus de fusion avec Gaz de France, n'a cessé de clamer la complémentarité de ses branches énergie et environnement.

Tandis que le mariage avec GDF est suspendu jusqu'à l'issue de l'élection présidentielle, des schémas alternatifs à la fusion évoquent régulièrement une scission du groupe.

Suez a fait récemment l'objet de nouvelles rumeurs d'offre possible du géant allemand de l'énergie EON, qui a renoncé à avaler Endesa, qui pourrait être associé à Veolia.

Comme pour mieux montrer sa capacité à se développer seul en cas d'échec de la fusion avec GDF, Suez avait annoncé début mars un vaste plan d'investissements de 15 milliards d'euros.

Le groupe veut notamment réaliser 4 à 4,5 milliards d'euros d'investissements dans l'environnement, et avant tout en Europe, où il réalise 79% de son chiffre d'affaires.

Le pôle environnement de Suez a réalisé en 2006 un chiffre d'affaires de 11,4 milliards d'euros, soit environ un quart de celui du groupe (44,3 milliards).

Photo belga

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