ABN Amro dit "oui" à Barclays et "pourquoi pas?" au consortium

La semaine a commencé sur une belle surprise dans le dossier ABN Amro-Barclays. Sous la forme d'une communiqué commun, les deux banques ont ainsi annoncé leur fusion. Sans fermer la porte à la concurrence, le consortium RBS, Banco Santander et Fortis.

(l'écho) Surprise ce lundi matin dans le dossier ABN Amro. Alors qu'on attendait l'issue de la rencontre entre la banque néerlandaise et le consortium composé de Royal Bank of Scotland, Banco Santander et Fortis, c'est de Barclays que sont venues les informations. Sous la forme d'un communiqué commun annonçant rien de moins que la prochaine fusion entre l'établissement bancaire britannique et son alter ego batave.

Mais si le politiquement correct évoque très pudiquement une fusion entre les deux groupes, c'est bel et bien d'une reprise qu'il faut parler puisque le nouvel ensemble qui portera le nom de Barclays sera entre les mains des actionnaires de Barclays à hauteur de 52% et dirigé par John Varley, l'actuel homme fort de la banque d'outre-Manche.

En ce qui concerne les termes de l'offre, le Britannique propose 3,225 actions ordinaires Barclays pour chaque titre ABN Amro. Sur base du cours de l'action Barclays au 20 avril dernier, cette offre valorise chaque action ABN Amro à 36,25 euros et l'ensemble du groupe à 67 milliards. Pour les porteurs de titres ABN Amro, il s'agit d'une plus-value de 33% sur le cours de l'action au 16 mars dernier et de 49% sur le cours moyen des six derniers mois.

Ce prix qui se situe dans le haut des attentes des analystes offre, selon certains d'entre eux, encore une marge de manoeuvre au consortium qui pourrait choisir de porter les enchères un cran plus haut. Du côté d'Amsterdam d'ailleurs, on n'a pas fermé la porte à la concurrence. Et la rencontre prévue en début d'après-midi aura bel et bien lieu. Rijkman Groenink, le président du conseil d'ABN Amro, a même clairement affirmé que "nous examinerons avec attention les autres offres", avant d'ajouter que selon lui l'offre de Barclays était la meilleure pour les actionnaires.

Selon toute vraisemblance, le consortium ne devrait pas déposer d'offre ferme aujourd'hui, mais s'il choisit de le faire ce sera probablement avant l'assemblée générale de l'établissement néerlandais prévue ce jeudi. En attendant, les principaux intéressés se taisent dans toutes les langues, même si des rumeurs font état de l'intention de Royal Bank of Scotland de vouloir faire cavalier seul.

Une option que n'ont pourtant pas choisie les dirigeants de Barclays. En effet, le deal Barclays-ABN Amro comporte également un large volet américain avec l'annonce de la cession de LaSalle pour quelques 21 milliards de dollars à Bank of America. Cette opération devrait être finalisée pour le 4e trimestre de l'exercice en cours.

Si l'offre de Barclays devient réalité, elle se comportera également par un lourd volet social, puisque les réductions de coûts qui représenteront 80% des 3,5 milliards d'euros de synergies que les deux groupes espèrent atteindre dès 2010, se traduisent surtout par des réductions d'effectifs. 12.800 postes devraient passer à la trappe et environ 10.800 équivalents temps-plein délocalisés vers des marchés à bas coûts. Quelques 23.600 postes sur les 217.000 que compterait le nouvel ensemble seraient donc concernés par cette restructuration. Une annonce à laquelle les syndicats ont d'ores et déjà annoncés qu'ils resteraient attentifs.

Même si elle est présentée comme certaine par le management de Barclays, la reprise d'ABN Amro reste encore sujette à caution. Car une contre-offre du consortium reste toujours possible. Et que le management de l'établissement batave n'a toujours pas encore le fonds-actionnaire The Children's Investment Fund (TCI) des intentions de Barclays. Or, c'est ce fonds en question qui avait mis le feu aux poudres dans le dossier ABN Amro en déclarant urbi et orbi que l'établissement bancaire vaudrait davantage pour ses actionnaires s'il était démantelé...

Une fusion du groupe britannique Barclays et du néerlandais ABN Amro donnerait naissance à la cinquième banque mondiale et à la deuxième européenne en termes de capitalisation boursière.

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