ABN Amro: la vente de LaSalle entre les mains des juges

Les petits actionnaires néerlandais ont demandé le gel de la vente de LaSalle en attendant la fin des enchères sur ABN. Les juges rendront leur décision le 3 mai.

(afp) L'association des petits actionnaires néerlandais (VEB) a demandé samedi, lors d'une audience en référé, le gel de la vente de LaSalle, filiale américaine d'ABN Amro, afin de favoriser la concurence des offres d'achat sur ABN Amro, s'opposant ainsi à la direction du groupe.

Selon un accord conclu le 22 avril, ABN Amro doit vendre LaSalle à Bank of America (BoA) pour 21 milliards de dollars. Une éventuelle offre supérieure doit être présentée avant le 6 mai. Ensuite, BoA disposera encore de cinq jours pour égaler cette offre et l'emporter.

"Nous demandons que la +transaction express+ soit annulée tant que dure le processus d'offres (... et que) cet accord ne soit pas appliqué sans l'approbation des actionnaires", a déclaré lors de l'audience Me Jurn Lemstra.

"Ce n'est que dans ces conditions qu'il y aura à nouveau égalité des armes dans le processus d'offres", a estimé l'avocat de la VEB.

Il a expliqué que la vente de LaSalle changeait le caractère d'ABN Amro, et que par conséquent, selon la loi néerlandaise, le vote des actionnaires était requis.

La VEB craint que dépourvue de LaSalle, un de ses fleurons, ABN Amro soit moins attirante pour d'autres candidats à la reprise.

La VEB soupçonne la direction d'avoir arrangé cette vente en quatre jours pour favoriser tant que possible la banque britannique Barclays, avec qui elle a négocié une offre amicale la valorisant à 67 milliards d'euros, rendue publique lundi.

Depuis, un consortium de trois banques européennes, Royal Bank of Scotland (RBS), la belgo-néerlandaise Fortis et l'espagnole Santander (SCH), s'est également porté acquéreur d'ABN Amro et à proposé 72 milliards d'euros, mais pour l'ensemble d'ABN Amro, donc avec sa filiale américaine.

Selon plusieurs analystes, RBS serait principalement intéressé par LaSalle.

Pour Me Johan Kleyn, avocat de la direction d'ABN Amro, cette dernière a le droit de vendre LaSalle sans en référer aux actionnaires car la loi néerlandaise n'exige pas une telle démarche si l'objet de la vente ne dépasse pas un tiers du capital du groupe.

L'avocat a estimé lors de l'audience que le consortium pouvait faire une offre sur LaSalle et ABN Amro séparément et que la vente en deux lots ne faussait pas la concurrence. Il a affirmé "qu'une dizaine de candidats se sont présentés".

Me Kleyn a ajouté que si la VEB obtenait gain de cause" ce serait préjudiciable" et compromettrait la vente de LaSalle, "une vente largement au-dessus de sa valeur".

Les avocats de Barclays et de BoA ont souligné pour leur part que si l'accord n'était pas respecté, ABN Amro devrait faire à des poursuites devant un juge américain. BoA a précisé qu'elle ne renoncerait pas aux 200 millions de dollars de dédommagement prévus si la vente était empêchée.

Le consortium des trois banques s'est présenté uni devant le juge et n'a rien voulu divulguer quant aux intentions de RBS concernant LaSalle. Le trio a abondé dans le sens de la VEB et à exigé l'égalité des chances entre les acheteurs potentiels par le gel de la vente de LaSalle.

Le PDG d'ABN Amro Rijkman Groenink s'est indigné que la banque "soit devenue le jouet d'actionnaires activistes", et assuré les juges que la vente de LaSalle n'était pas une "pilule empoisonnée".

Il a une fois de plus plaidé pour la reprise par Barclays, affirmant que "la direction (avait) agi avec soin". Il a indiqué que la vente de LaSalle était à l'agenda "depuis de nombreux mois" et que cette filiale aurait été mise en vente même sans projet de fusion.

Enfin, il a déclaré que l'accord sur LaSalle allait "accroître la valeur pour les actionnaires", estimant que la direction avait montré sa bonne volonté en acceptant vendredi soir d'ouvrir sa comptabilité au consortium.

Les juges rendront leur décision le 3 mai.

Photo Bloomberg

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