Abou Dhabi vend un paquet d'actions

©AFP

Le fonds souverain d'Abou Dhabi, la société IPIC, qui avait soutenu Barclays à l'automne en entrant dans son capital, a procédé mardi à la cession surprise d'un bloc de 1,3 milliard d'actions de la banque britannique, faisant dégringoler son cours de Bourse.

(afp) - La vente a été réalisée au prix de 265 pence l'action (soit un montant total de 3,5 milliards de livres, ou 4 milliards d'euros) via un placement accéléré, qui a été achevé dans la journée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de Credit Suisse à Londres, la banque d'affaires chargée de l'opération.

Cette cession a été décidée alors que le titre Barclays avait grimpé de quelque 50% depuis la prise de participation du fonds émirati fin octobre.

Barclays avait alors levé 7,05 milliards de livres, notamment auprès du Qatar et d'Abou Dhabi, via des actions préférentielles RCI assorties d'un coupon annuel de 14%, et via des obligations convertibles MCN assorties d'un coupon annuel de 9,75% à convertir en actions ordinaires au plus tard le 30 juin 2009. La banque comptait ainsi échapper à l'arrivée du gouvernement britannique à son capital.

IPIC, qui a servi de véhicule d'investissement dans cette affaire, appartient à Cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyan, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi, déjà connu au Royaume-Uni pour posséder le club de football de Manchester City.

Il avait apporté un total de 3,5 milliards de livres (deux milliards de livres de MCN et 1,5 milliard de livres de RCI) et souscrit 1,5 milliard de livres d'options ("warrants") supplémentaires, devenant le premier actionnaire de Barclays avec potentiellement 16,3% du capital.

Le produit de la vente, qui représente de l'ordre de 13,5% du capital de Barclays, sera réinvesti dans l'industrie pétrolière, a précisé IPIC (International Petroleum Investment Company) dans un communiqué.

IPIC envisage aussi de vendre les 1,25 milliard de livres de RCI qui lui restent, mais pas d'exercer ou de vendre ses options, a ajouté la compagnie.Le directeur général du fonds, Khadem al Qubaisi, a mentionné "la haute considération d'IPIC pour Barclays, sa grande confiance dans sa direction et dans sa stratégie".

"L'émirat d'Abou Dhabi a l'intention de maintenir une relation commerciale et stratégique étroite avec Barclays à l'avenir", assure-t-il.
Il a justifié la vente par "la stratégie d'investissement à long terme d'IPIC dans des projets en relation avec les hydrocarbures".

Le directeur général de Barclays John Varley a confirmé que sa banque entendait "renforcer encore les liens stratégiques et commerciaux" avec Abou Dhabi.

Mais cette cession a été très mal accueillie en Bourse, alors qu'à l'automne dernier, l'entrée au capital d'Abou Dhabi avait été présentée comme un investissement de long terme et une marque de confiance dans le potentiel de la banque.
L'action du groupe a fini sur une chute de 13,52% à 273,50 pence, signant la plus forte baisse des valeurs vedettes londoniennes.

"La volte-face du fonds souverain d'Abou Dhabi vis-à-vis de Barclays prouve que depuis le début, ce n'était qu'un jeu. Ce coup stratégique sème le doute sur tous les investissements étrangers dans des grandes entreprises, en particulier les investissements en provenance du Moyen-Orient", a commenté Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital.

Fin avril, Qatar Holding, fonds souverain du Qatar, entré au capital en même temps que son homologue d'Abou Dhabi, avait légèrement réduit sa participation dans Barclays, tout en assurant là aussi qu'il entendait en rester un actionnaire et partenaire commercial clé..

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