Ageas, le grand perdant du mois

Le potentiel de hausse du Bel20 atteint 17 %. La tourmente des dernières semaines a remis la Bourse de Bruxelles en zone d’achat.

Bruxelles (L'Echo) -  La volatilité est redevenue particulièrement élevée sur le mois écoulé et les cours ont fortement corrigé dans le sillage des incertitudes grecques et de la crise sur les marchés obligataires. En moyenne, les valeurs de l’indice BEL20 se sont repliées de 9,2%, avec des baisses particulièrement marquées pour Ageas (-24 %), Dexia (-22 %) et UCB (-20 %). A l’inverse, AB Inbev et Delhaize ont vu leur cours légèrement progresser sur le mois écoulé.

Le marché a donc ignoré dans une grande mesure les bons résultats trimestriels annoncés par une majorité des principales valeurs belges. Les objectifs de cours médians ont progressé de 2 %, avec Umicore (+21 %), Bekaert (+9 %) et Colruyt (+5 %) au sommet de l’échelle.

A l’inverse, les baisses d’objectif les plus significatives ont été pour GBL (-6 %), Dexia (-3 %) et Belgacom (-1 %).

En combinant la baisse des cours et la hausse des objectifs, on constate que le potentiel haussier moyen est remonté de 3,5 vers 16,9 % sur le mois écoulé, soit un niveau jamais atteint depuis le lancement de ce consensus vers la mi-2009.

AB Inbev et Delhaize sont les seules composantes de l’indice à avoir vu leur potentiel reculer modestement, toutes les autres valeurs voyant leur potentiel grimper, souvent très fortement. Au 17 mai, seule Delhaize n’affiche pas un potentiel haussier, et 13 des 20 valeurs de l’indice ont vu l’écart entre le cours et l’objectif médian dépasser largement les 10 %. Ageas, particulièrement affecté par la crise obligataire, affiche même un potentiel supérieur à 50 %.

Le pourcentage d’avis neutres a fortement progressé de 38,5 vers 41,7 %, au détriment tant des avis d’achat que des avis de vente. Si les marchés retrouvent un peu de sérénité dans les semaines à venir, l’indice BEL20 devrait disposer une belle marge de progression à l’entame de l’été.

Gagnants et perdants
Telenet a subi de nouvelles baisses de rating sur le mois (HSBC, KBC Securities et Kempen), ce qui a contribué à la dégradation du consensus. Le support reste toutefois encore important avec 80 % des brokers à l’achat, et le potentiel s’est rétabli suite au recul de ces dernières semaines. L’unanimité n’est toutefois clairement plus de mise, et les analystes baissiers se posent généralement des questions quant à la capacité du groupe à surprendre positivement le marché dans le futur.

Umicore
a de son côté enregistré une progression de plus de 20 % de son objectif médian suite à l’annonce de bons chiffres pour le premier trimestre 2010, qui ont poussé les brokers à revoir fortement leurs prévisions pour l’ensemble de l’exercice. En outre, les analystes à la vente ne sont plus que deux, contre quatre le mois précédent. Le groupe bénéficie de nombreux facteurs positifs (hausse des cours du zinc, des métaux précieux, du dollar; reprise dans des segments comme les catalyseurs automobiles ou le recyclage de métaux), et les brokers ont revu en masse leur objectif à la hausse, par exemple de 23 vers 30 euros chez la Banque Degroof, de 23 vers 29 euros chez JP Morgan ou de 18 vers 27 euros chez la Deutsche Bank.

UCB a vu son consensus passer au neutre sur le mois écoulé, alors que le groupe vient d’annoncer avoir pris du retard avec son médicament Neupro, qui ne pourrait finalement arriver sur le marché américain qu’en 2012 ou 2013.
Si cette nouvelle élimine un facteur d’incertitude sur l’action du groupe pharmaceutique belge, elle a également retiré un moteur futur de la croissance du groupe.

Delhaize
, enfin, est la seule valeur à avoir désormais un potentiel négatif, après avoir vu son cours progresser sur le mois écoulé. Toutefois, si le dollar venait à poursuivre sa progression face à l’euro, il est probable que les objectifs de cours continueront leur marche en avant dans les semaines qui viennent. Le consensus reste toutefois encore largement neutre à l’heure actuelle, les analystes restant dans l’expectative quant à l’impact du plan d’économies aux Etats-Unis, et quant à la manière dont le groupe parviendra à rentabiliser les magasins qui seront ouverts dans le cadre du nouveau plan d’entreprise.

par Frederic Lejoint

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