Albert Frère séduit par les énergies renouvelables d'Iberdrola

D'après les analystes, le milliardaire wallon, déjà actionnaire de Suez, a déboursé 38,1 euros par action Iberdrola pour semer dans le Sud et... dans les énergies renouvelables.

Bruxelles (L'Echo) Encore une fois le milliardaire wallon Albert Frère a surgi là où on ne l'attendait pas. Via un communiqué de presse succinct, GBL et la CNP annonçaient mercredi soir avoir acquis une participation de 5% dans Iberdrola via des achats en Bourse. Cela correspond à un investissement global de 2,2 milliards d'euros réalisé sur la trésorerie des deux holdings.

Le 10 mai dernier lors de la présentation des résultats trimestriels de la CNP, son administrateur délégué, Gilles Samyn annonçait que le navire amiral du groupe Frère avait décidé d'accroître de manière substantielle sa capacité d'investissement via un endettement supplémentaire de 900 millions d'euros. Cela portait sa "puissance de feu" à près de 2,5 milliards d'euros. Ces 900 millions correspondent en fait plus ou moins au prix payé entre-temps par la CNP pour acquérir 2% du capital d'Iberdrola (870 millions d'euros).

Hans D'Haese, analyste auprès de la Banque Degroof, a calculé que le prix moyen déboursé par le groupe Frère par action Iberdrola s'élevait à 38,1 euros, soit 10% de moins qu'à la clôture d'hier (42,1 euros).

L'entrée dans le capital du groupe énergétique espagnol doit-elle être perçue comme un investissement boursier dans un secteur que GBL connaît bien ou est-elle le prélude à la mise en place de synergies avec Suez dont GBL est le principal actionnaire avec 9,5% ?

"On sait qu'Albert Frère souhaite élargir ses investissements à l'Europe du Sud comme il l'a déjà fait avec Banca Leonardo", souligne Hans D'Haese qui rappelle aussi que Suez a doublé, le mois dernier, sa participation dans Gas Natural à 11,3%. Mais avec une participation à la fois dans le n°1 européen (Suez) et dans le n°4 (Iberdrola), le marché peut aussi spéculer sur un rapprochement, note en substance l'analyste. Il voit aussi dans cette opération une manière de profiter de l'IPO de la filiale d'Iberdrola active dans les énergies renouvelables.

Maurice Rosenthal, analyste chez Dexia, estime pour sa part qu'il s'agit pour le groupe Frère d'une opportunité de prendre pied dans les énergies renouvelables, le "chaînon manquant" de ses holdings. "Acheter un pure player dans l'éolien revient trop cher. Il essaye donc de trouver un arbitrage via la structure en conglomérat d'Iberdrola" explique-t-il. Concernant GBL, l'analyste estime par ailleurs que le marché valorise mal le potentiel de consolidation affiché par Lafarge et Pernod, deux participations du holding. Une meilleure valorisation permettrait de réduire la décote de GBL qui est supérieure à 15%, chiffre qui correspond à la moyenne des holdings belges.

Maurice Rosenthal reste à accumuler sur la CNP et GBL avec un objectif de cours de 98 euros pour cette dernière. Hans D'Haese de la Banque Degroof se maintient à l'achat sur GBL. Selon lui, une décote plus "honnête" se traduirait par une hausse de 12% du titre.

Vers 14h15, la CNP prenait 2,56% à 51,33 euros et GBL 2,01% à 93,96 euros.

Stéphane Wuille

(c) L'Echo (tel: +32 2 423 17 67; fax: 32 2 4231610; mail: cnd@mediafin.be)

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