Citigroup lance une OPA de plus de 8 milliards d'euros sur Nikko Cordial

Citigroup propose 1.350 yens par titre et vise au moins 50% du capital. L'offre a été approuvée par le conseil d'administration de Nikko Cordial.

(afp) Le géant bancaire américain Citigroup a annoncé mardi une offre publique d'achat (OPA) amicale de plus de 8,12 milliards d'euros sur la troisième maison de courtage boursier japonaise Nikko Cordial, menacée d'éviction du marché à cause d'un scandale de comptes truqués.

Citigroup, qui est déjà le premier actionnaire de Nikko Cordial avec 4,9% du capital, veut prendre le contrôle de 100% des actions et se déclare pour cela prêt à débourser 1.253 milliards de yens (8,12 milliards d'euros).

Cette offre, qui a reçu la bénédiction du conseil d'administration de Nikko Cordial, devrait être ouverte d'ici une semaine. Elle sera caduque au cas où Citigroup ne parviendrait pas à obtenir le contrôle d'au moins 50% du capital.

"L'offre sera lancée même si Nikko Cordial est radiée de la cote à la Bourse de Tokyo", a précisé la banque américaine dans un communiqué.

Le marché tokyoïte doit décider à la mi-mars s'il expulse ou non Nikko Cordial à titre punitif, après que la maison de courtage eut avoué en décembre avoir sciemment truqué ses comptes de l'exercice 2004-2005, au moyen d'un complexe jeu d'écritures entre deux de ses filiales.

Elle avait faussement annoncé un bénéfice net de 46,94 milliards de yens, alors que ce profit ne se montait en réalité qu'à 34,14 milliards.

Les deux plus hauts dirigeants du groupe ont depuis démissionné et l'Agence des services financiers (FSA), le gendarme du secteur bancaire, a infligé au groupe une amende record de 500 millions de yens (3,23 millions d'euros).

Nikko Cordial a intenté des poursuites judiciaires contre trois de ses anciens responsables accusés d'être les auteurs des falsifications, et a renforcé ses procédures de surveillance interne.

Mais la Bourse de Tokyo a averti que cela n'épargnera pas à la maison de courtage une éventuelle radiation du marché, une sanction qui serait sans précédent au Japon pour une entreprise de cette taille.

"Nous pensons que ce partenariat sera efficace pour reconquérir notre crédibilité", a commenté lors d'une conférence de presse le président de Nikko Cordial, Shoji Kuwashima.

Il a expliqué que, même si la maison de courtage méritait d'être jugée et éventuellement punie, "nous voulions protéger les investisseurs et les actionnaires qui s'inquiètent de nos problèmes".

Citigroup et Nikko Cordial, qui possèdent déjà une coentreprise de banque d'investissement depuis 1998, sont convenus de renforcer leur alliance pour l'étendre à tous leurs domaines d'activité communs.

Citigroup s'est en outre engagé à renflouer Nikko Cordial "au cas où une radiation de la cote entraînerait des perturbations" dans son financement.

"Cela démontre l'attachement sans faille de Citigroup au Japon dans le cadre de notre stratégie générale de croissance", a commenté lors de la même conférence de presse Douglas Peterson, patron de Citibank Japan.

"Je suis très confiant car Nikko Cordial et Citigroup ont d'excellentes raisons de former ce partenariat. Nous travaillons déjà ensemble avec succès depuis plus de huit ans dans notre coentreprise de banque d'investissement, et nous avons des activités complémentaires", a-t-il ajouté.

L'agence de notation financière Fitch a salué l'opération, assurant qu'elle n'aurait pas d'impact sur la note de la dette à long terme de Citigroup qui est actuellement de "AA+", soit la deuxième meilleure sur une échelle de 22.

"L'intégration de Nikko Cordial est une occasion pour Citibank d'accroître sa part de marché dans le secteur du courtage auprès des particuliers au Japon", a estimé Fitch, qui calcule en outre que l'opération se traduira par une amélioration immédiate du bénéfice par action du groupe américain.

A un moment intéressée par Nikko Cordial dont elle possède 4,8% du capital, la deuxième banque japonaise Mizuho a finalement renoncé à faire une offre, ce qui a laissé le champ libre à Citigroup pour lancer la sienne.

Photo Bloomberg

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