Citigroup se restructure, va supprimer 5% de ses effectifs et délocaliser

Le géant bancaire américain Citigroup a dévoilé mercredi une vaste restructuration, la première de son histoire, destinée à réduire ses coûts de fonctionnement dispendieux via la suppression de 5% de ses effectifs et des délocalisations. Cette restructuration intervient à un moment où la taille tentaculaire de Citigroup est jugée par certains analystes comme un frein à l'innovation et à la performance.

(afp) La banque, qui compte "éliminer des niveaux hiérarchiques" et "consolider" sa présence aux Etats-Unis et à l'étranger, va supprimer environ 17.000 emplois et transférer "plus de 9.500 postes dans des régions à moindres coûts, à la fois au niveau national et à l'étranger", a-t-elle indiqué dans un communiqué.Aucun pays en particulier n'a été cité, alors que la presse rapporte que des postes pourraient être délocalisés en Inde.La banque new-yorkaise, pionnière du modèle de la banque intégrée --de la banque de détail aux services de gestion de portefeuille et de banque d'investissement--, n'a pas précisé à quelle échéance elle compte avoir bouclé ce volet social, le premier d'importance dans l'histoire du groupe créé il y a une dizaine d'années.Citigroup a en revanche indiqué viser, grâce à sa restructuration, 2,1 milliards de dollars d'économies en 2007, puis 3,7 milliards en 2008 et 4,6 milliards en 2009.Ces économies doivent compenser une structure de coûts très lourde pour le groupe.

En 2006, les dépenses opérationnelles ont ainsi augmenté de 15% à 52 milliards de dollars, alors que le bénéfice net a lui reculé de 12% à 21,5 milliards, pour un chiffre d'affaires de 146,5 milliards, en hausse de 21%.Citigroup, qui emploie 327.000 personnes dans une centaine de pays, a l'intention de réduire sa présence au niveau de ses différents sièges régionaux et dans divers bureaux, "afin d'éliminer les doublons". Le groupe souhaite aussi créer des services transversaux entre ses différentes divisions, citant notamment les ressources humaines.Ces mesures vont nécessiter une provision exceptionnelle de 1,38 milliard de dollars --après impôts-- dans les comptes du premier trimestre, a-t-il indiqué, tablant sur une charge supplémentaire sur les trimestres suivants de l'ordre de 200 millions de dollars avant impôts.

Parmi les principaux problèmes identifiés, figurent les nombreux niveaux hiérarchiques et un trop grand nombre de bureaux.Citigroup est né en 1998 de la fusion de Citibank, l'une des banques les plus prestigieuses du monde, avec l'assureur Travelers. Le groupe a ensuite grossi grâce à une politique d'acquisitions à rythme soutenu.Grâce à la diversification de ses activités, Citigroup a pu surmonter l'éclatement de la bulle financière en 2000, la chute des places boursières et même le ralentissement de l'économie mondiale. Même après une année 2002 historiquement difficile, le groupe était parvenu à faire croître ses bénéfices de 8%.

Photo Belga

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