Dexia Crediop visé par une enquête en Italie

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Dexia et Merrill Lynch font l'objet d'une enquête de la justice italienne à propos de pertes liées à des instruments dérivés portant sur 870 millions d'euros d'obligations émises par la région des Pouilles.

Bruxelles (L'Echo/Reuters) - Merrill Lynch et Dexia font l'objet d'une enquête de la justice italienne à propos de pertes liées à des instruments dérivés portant sur 870 millions d'euros d'obligations émises par la région des Pouilles, ont déclaré mercredi les autorités italiennes.

L'enquête, qui concerne la filiale de Bank of America et Dexia Crediop, fait partie d'une série d'enquêtes menées dans toute l'Italie après l'accumulation de lourdes pertes par les collectivités locales sur des contrats de dérivés.

Les services fiscaux de la région des Pouilles, dans le sud de l'Italie, ont saisi jusqu'à 103,3 millions d'euros, y compris des actifs bancaires, pour rembourser les dommages potentiels.


La région avait émis par l'intermédiaire de Merrill Lynch des obligations en 2003-2004 pour restructurer la dette de son système de soins de santé.

Selon un communiqué, Daniele Borrega, représentant de Merrill Lynch en Italie au moment des faits, est concerné par l'enquête pour fraude aggravée, tandis que, d'après une source judiciaire, Claudio Zecchi, dirigeant de Dexia Crediop à Rome à l'époque, est mis en examen pour escroquerie aggravée.

Les procureurs italiens ont demandé que Merrill Lynch soit interdit d'activité avec des organismes publics pendant deux ans.
Une audience a été fixée le 10 mars prochain.

Merrill Lynch et Dexia n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Les économistes ont estimé l'an dernier à près de 40 milliards d'euros le montant de l'exposition des collectivités locales italiennes aux produits dérivés, avec plus de six milliards d'euros de pertes.

Crediop affiche un total de bilan de 56 milliards d'euros pour un résultat net de 133 millions d'euros en 2008.

 Dexia pourrait bien devoir céder sa filiale italienne dans le cadre de la cure d'amaigrissement imposée par Bruxelles. La banque franco-belge toujours dans l'attente du verdict de la DG concurrence devra vraisemblablement réduire sa présence à l'international en cédant ou fermant des activités, en échange des aides publiques reçues. 

K.T. avec Reuters

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