Dexia menacé d'une nouvelle concurrence sur son marché historique

©Sofie Van Hoof

En France, les communautés urbaines étudient la création d'un véhicule commun de financement sur les marchés. Elles projettent de se passer - en partie - des services des spécialistes du crédit bancaire aux collectivités en regroupant leurs forces pour s'adresser directement au marché obligataire. Dexia semble de ce fait le premier visé par cette éventuelle nouvelle concurrence.

Bruxelles (L'echo) - La banque des collectivités Dexia a quelque souci à se faire sur un tout autre front que la crise du "subprime". En France, les communautés urbaines étudient en effet la création d'un véhicule commun de financement sur les marchés, annonce le quotidien "Les Echos".

But de la manoeuvre: "améliorer sensiblement le coût de financement des collectivités locales françaises", expliquent-elles dans un courrier envoyé en mars dernier aux ministères des Finances et de l'Intérieur.

En clair, elles projettent de se passer - en partie - des services des spécialistes du crédit bancaire aux collectivités en regroupant leurs forces pour s'adresser directement au marché obligataire. Dexia semble de ce fait le premier visé par cette éventuelle nouvelle concurrence.

De 400 à 600 millions d'économies

Depuis le début de la crise financière, le coût du crédit bancaire aux collectivités a bondi, passant de 2 points de base au dessus de l'Euribor à 15 points de base, explique le quotidien français. Selon l'Association des communautés urbaines de France, en créant ce nouveau dispositif, les municipalités pourraient réaliser 400 à 600 millions d'euros d'économies par an sur un total de 20 milliards d'euros de financements.

En Scandinavie et aux Pays-Bas, les pouvoirs locaux ont déjà franchi le pas depuis quelques années, avec un certain succès à la clé. En Suède, par exemple, la structure baptisée Kommuninvest assure aujourd'hui la moitié du financement des collectivités.

"Utopie"

Chez Dexia, on met en doute la pertinence du projet. Et l'on renvoie aux propos tenus par Gérard Bayol, le président du comité de direction de Dexia Crédit Local, dans "Les Echos". "La complexité, à deux dans une relation bancaire, est un choix de confiance; à plusieurs et avec une obligation de solidarité, une utopie", estime Gérard Bayol.

Celui-ci doute qu'une telle formule permette aux collectivités d'emprunter moins cher, en pointant les corrections récemment enregistrées sur le marché obligataire. Il se demande aussi si une collectivité acceptera de payer plus cher pour en aider une autre qui serait en moins bonne santé financière. Il cite enfin la rigidité du marché obligataire.

M.Lw.

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