Dossier BNB: Deminor persiste et signe

«Il y a cinq ans, quand nous avons commencé à nous intéresser à ce qui se passait à la Banque nationale, le temps jouait contre nous. Aujourd'hui, la tendance c'est inversée et c'est contre l'Etat que le temps joue. Et il faudra bien un jour que quelqu'un se pose la question de savoir ce qu'il faut faire avec l'argent accumulé par la banque et qui revient à tous les actionnaires, majoritaire comme minoritaires».

(l'écho) Cette prémonition calme, sans esbrouffe, c'est Erik Bomans qui la profère, de ses nouveaux quartiers d'Auderghem.

A trois jours de l'assemblée générale annuelle de la banque (ce lundi) et des mois des plaidoiries qui les attendent encore en appel, lui et son associé Charles Demoulin attendent leur heure, celle où un politicien voudra bien comprendre que «le gouvernement aurait intérêt à agir, et vite». Entendez soit distribuer un superdividende, soit racheter les titres répartis dans le public

Malgré la complexité du dossier, leur raisonnement est simple: depuis 2002, les profits nets de la banque ne cessent de gonfler tandis que la part ponctionnée par l'Etat sur ces profits tend, elle, à baisser fortement (faute de liberté de manoeuvre par rapport à l'Europe principalement) après avoir porté sur quelque 8 milliards d'euros rien qu'entre 1998 et 2001.

Résultat, un «trésor de guerre» d'environ 2,8 milliards d'euros - hors plus-value sur or et sur devises - s'est accumulé dans des réserves qui ne reviennent qu'aux actionnaires, c'est à dire l'Etat et les porteurs de titres BNB.

Un trésor que ne reflète pas le cours de Bourse de la BNB puisqu'alors que celui-ci est resté globalement stable ces dernières années - il est aujourd'hui de 3.800 euros -, la valeur intrinsèque (minimale) du titre enfle chaque année d'une dizaine de pourcent, pour atteindre aujourd'hui près de 6.000 euros, selon les deux associés de Deminor.

Alors «que faire de ces réserves non utilisées?», s'interrogent-ils au nom de 250 minoritaires.

«Le mieux serait de les distribuer par un dividende, mais quand l'Etat va réaliser qu'il doit partager avec les minoritaires, il envisagera peut-être un rachat de leurs titres. Mais ça, ça risque de lui revenir plus cher», préviennent-ils.

Jean-Yves Klein

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