Effet Fortis sur les résultats de BNP Paribas

L'intégration de Fortis a permis à la banque française BNP Paribas de dégager un bénéfice en hausse de 46% à 2,3 milliards d'euros au premier trimestre. Le pôle qui intègre la Belgique a rapporté 235 millions d'euros. Un résultat deux fois supérieur à celui du premier trimestre 2009.

(ECHO) - Emboîtant le pas à sa rivale la Société Générale, BNP Paribas a dégagé des résultats supérieurs aux attentes au premier trimestre. Soutenu par la forte baisse des provisions et des revenus meilleurs qu'attendu notamment en banque de financement et d'investissement, la banque française a réalisé un bénéfice net en hausse de 46% à 2,283 milliards d'euros. Certains analystes tablaient sur 1,65 milliard d'euros.

"La contribution de Fortis a été un déterminant majeur à ces résultats", a déclaré Baudouin Prot, le directeur général du groupe lors de la présentation des résultats organisée à Bruxelles. Un choix symbolique un an après l'acquisition le 12 mai 2009, de l'ex- Fortis Banque qui a échappé de peu à la faillite.

Le groupe a récemment créé une nouvelle entité  de banque de détail des particuliers et des entreprises en Belgique et au Luxembourg. Ce nouveau marché domestique s'appelle BeLux Retail Banking. Le pôle a rapporté 235 millions d'euros de résultats avant impôt. Un résultat qui est "plus de deux fois supérieur à celui du premier trimestre 2009 pro forma".

"La contribution de Fortis en Belgique est nettement supérieure à notre attente (235 millions contre 225 millions attendus), du fait du coût du risque quasi nul (...). Le résultat brut est également légèrement supérieur à notre attente (249 millions contre 215 anticipés)", estiment les analystes d'Oddo Securities dans une note. 

BNP Paribas peut également compter  sur sa banque de financement et d'investissement, qui a dégagé un bénéfice avant impôt de 1,69 milliard en hausse de 26 %. Le groupe est parvenu à limiter la baisse de ses revenus (-12%) grâce à de bons chiffres dans le pôle actions et une chute moins brutale des revenus du fixed income. Au sein de cette division, après une année 2009 historique, les produits de taux et de change contribuent encore au résultat à un niveau élevé, tandis que les actions connaissent un fort rebond et dégagent les revenus les plus importants jamais enregistrés sur un trimestre.

Baisse des impayés
Les comptes de BNP Paribas bénéficient aussi d'une baisse de 26% des impayés sur les crédits (coût du risque), principalement pour la partie dite Europe et Méditerranée, notamment "grâce à l'amélioration récente de l'environnement en Ukraine". Le groupe a fait état de provisions beaucoup plus faibles que prévues à 1,3 milliard d'euros alors que le broker Oddo Securities tablait sur 1,7 milliard. "Cette évolution se retrouve dans pratiquement tous les métiers mais elle est très marquée en BFI ou chez Fortis", indiquent les analystes. "Je m'attends au mieux à ce que ce niveau de baisse se poursuive mais je ne m'attends pas à ce que cette baisse des provisions s'accélère", a expliqué Baudouin Prot. 

Exposition à la Grèce plus importante que prévu

A l'heure où tous les regards sont tournés vers la Grèce, BNP Paribas a levé le voile sur sa situation. Le groupe qui avait martelé ces dernières semaines avoir une exposition "négligeable" est finalement plus concerné que prévu.  

L'exposition de BNP Paribas à la dette de la Grèce atteint cinq milliards d'euros, à quoi s'ajoutent trois milliards d'engagements commerciaux sur des entreprises privées grecques. La banque précise que les crédits au secteur privé grec ne représentent que 0,2% des engagements totaux du groupe, tandis que l'exposition à la dette de l'Etat grec n'en pèse que 0,4%.


Comme l'avait déjà expliqué le directeur général Baudouin Prot la semaine dernière, les prêts de BNP Paribas au secteur privé grec concernent "principalement" des entreprises "à caractère international et dans le secteur de l'armement maritime avec des prêts garantis par des actifs et des risques peu corrélés à l'économie de la Grèce".

Les banques françaises sont les plus engagées en Grèce, avec des créances qui atteignent environ 53 milliards d'euros.
Hier, la Société Générale a fait état d'une exposition de trois milliards à la dette grecque, outre sa participation de 54% dans la banque grecque Geniki.

Le Crédit Agricole s'est lui dit exposé à hauteur de 850 millions d'euros, dont 600 pour sa filiale grecque Emporiki. L'assureur Axa est lui engagé pour 500 millions d’euros.

F-X.L et K.T.

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