En 2006, les hedge funds ont fait gagner le jackpot aux courtiers vedettes

Nouveau paradis de la grande finance, les hedge funds, un type de fonds très spéculatifs, ont déboursé l'an dernier des milliards de dollars pour leurs courtiers vedettes, malgré des retours sur investissements assez moyens pour l'ensemble du secteur.

Cinq courtiers ont gagné plus d'un milliard de dollars en 2006 et les 100 courtiers les mieux rémunérés du monde ont gagné en moyenne 241 millions de dollars, selon le classement annuel publié cette semaine par le magazine Trader Monthly.Sur ces 100 courtiers stars, 93 officient pour des hedge funds, un type de fonds très spéculatifs qui exploitent les anomalies du marché et les failles de la réglementation financière pour réaliser des opérations juteuses.Le premier d'entre eux, l'Américain John Arnold, âgé de seulement 33 ans, a ainsi amassé la coquette somme de 1,5 à 2 milliards de dollars, selon les estimations de Trader Monthly.Le golden boy, un ancien d'Enron, doit son succès à ses paris réussis sur les cours du gaz naturel, qui lui ont permis de réaliser un retour sur investissement de 317%.

Un retour calculé avant versement des commissions, souvent très élevées, et qui sont la pierre angulaire des ces rémunérations monstres.Ainsi, Centaurus Energy, le fonds de John Arnold, basé à Houston (Texas), perçoit 3% sur toutes les sommes qui lui sont confiées, et 30% sur les profits réalisés, soit bien plus qu'un fonds d'investissement ordinaire.Le fonds de James Simons, deuxième courtier du classement avec plus d'1,5 milliard de dollars récoltés en 2006, prend même 5% de frais de gestion et 44% sur les profits qu'il réalise.Cette situation permet ainsi à des hedge funds aux performances médiocres de continuer à payer des sommes faramineuses à leurs traders. Ainsi, Louis Bacon qui a encaissé 300 à 400 millions de dollars l'an dernier alors que son fonds, Moore Global Investment, ne progressait que de 8% sur l'année."C'est de la folie, cela rappelle la bulle technologique de la fin des années 90", estime Alan Johnson, directeur de Johnson Associates, un cabinet de conseil en rémunération.La performance des hedge funds n'est en effet pas exceptionnelle.

En 2006, leur retour sur investissement a été de 11,99% en moyenne, selon le site HedgeFund.net, quand un investissement classique dans des actions de l'indice boursier Standard and Poor's 500 rapportait 13,62%, d'après l'agence Thomson Financial."Il revient à chaque investisseur de décider si le retour d'un hedge fund justifie la rémunération versée à son gestionnaire (...) Si un gérant de hedge fund ne justifie pas son salaire en dépassant constamment la performance du marché, je m'attends à ce que les investisseurs quittent ce hedge fund ou réclament une rémunération plus faible pour son gérant", estime Rea Hederman, analyste du "think tank" conservateur Heritage Foundation.Si les hedge funds naissent ou disparaissent au gré du marché, les courtiers semblent eux presque inusables.Ainsi, Brian Hunter, courtier canadien de 32 ans, avait fait perdre six milliards de dollars à son fonds, Amaranth Advisors, en septembre dernier. Mais, loin de se retrouver au chômage, il cherche actuellement des investisseurs pour démarrer un nouveau fonds, appelé Solengo Capital, et qui doit voir le jour en juin, raconte le Wall Street Journal.

John Meriwether, connu pour le fiasco LTCM (Long Term Capital Management) est lui de retour dans le club des courtiers les mieux payés du monde avec un revenu 2006 évalué à entre 50 à 75 millions de dollars. L'écroulement de son hedge fund en 1998 avait pourtant obligé la Réserve fédérale américaine à intervenir en urgence pour éviter une crise financière mondiale."La manière dont les hedge funds sont payés est stupide mais il y a une bulle financière aux Etats-Unis, et dans une bulle financière, la plupart des investisseurs ne se préoccupent pas de ce genre de détail", assène Alan Johnson.

Photo belga

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect