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En cas de oui, en cas de non

©BELGA

En cas de oui, Fortis Holding devient une compagnie d'assurances. La banque part en France. En cas de non, les choses sont moins claires selon le point de vue où l'on se place...

Bruxelles (L'Echo) - "Nous avons fait tout ce qui était possible, compte tenu des contraintes qui nous étaient imposées par les autres parties. On peut avoir des rêves mais il faut tenir compte des contraintes. (...) Si l'on compare le deal de début octobre et celui d'aujourd'hui, il y a de nettes améliorations", estime Karel De Boeck, le CEO de Fortis Holding, dans son plaidoyer en faveur du oui.
"Si le oui passe, nous aurons un groupe d'assurances très fort, avec un bilan solide, une participation dans Royal Park Invest dont l'exposition est limitée et une position en cash assez forte", renchérit Jozef De Mey, président.

Objectif de Karel De Boeck:

  • simplifier la structure juridique,
  • recentrer la structure bipolaire,
  • établir un plan stratégique et industriel et le soumettre au nouveau conseil.

Un conseil qui devrait être poré à huit membres d'ici la fin de la semaine. "Nous voulions que le conseil soit composé de 7 à 9 membres. Nous en aurons huit; on verra dans l'avenir si d'autres personnes veulent nous rejoindre", a commenté De Mey.
Une stratégie qui devrait porter la valeur comptable de Fortis Holding à 3 euros par action, selon les estimations de De Boeck, "une valeur calculée hors valeur des options BNP Paribas et en-dehors de tout effet d'actions juridiques éventuelles".

 
Par contre si le non passe, "nous nous retrouverons dans le cadre de l'accord signé en Fortis et le gouvernement en octobre dernier, c'est-à-dire avec une exposition plus forte aux actifs toxiques et avec moins de cash disponible", affirme Jozef De Mey. "Contrairement à ce que d'aucuns affirment, il n'y a pas de base juridique pour dire que l'accord d'octobre est caduque. On devrait se battre avec le gouvernement pendant des années", selon lui.

L'avis de De Boeck et De Mey sur les conséquences du non sur l'avenir de Fortis se situe donc à des années-lumières de celui de Deminor et Modrikamen, selon lesquels un vote négatif obligerait le gouvernement à revenir à la table des négociations et à envisager enfin un projet de stand-alone. Selon les grandes lignes de ce projet exposé la semaine dernière, le stand-alone pourrait se concevoir via un rapatriement de la banque dans le holding contre une prise de participation de l'Etat dans le capital.  Le seul hic, c'est que le gouvernement ne cesse d'affirmer urbi et orbi que pour lui, BNP Paribas est la seule alternative crédible et qu'en cas de non, Fortis Banque deviendrait une banque d'Etat. Point final. BNP Paribas, elle,  avait déclaré qu'en cas de non, il ferait définitivement ses valises.

Ultime rappel: seul les actionnaires qui auraient voté non pourront éventuellement prétendre à des dommages-intérêts en cas de décision de justice ultérieure.


Anne-Sophie Bailly

as.bailly@lecho.be

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