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Fortis Banque sans BNP Paribas, c'est possible mais pas sans l'Etat

Si Fortis a retrouvé quelques couleurs, ses soucis de liquidités ne sont pas derrière lui et son actionnaire reste son garant.

Bruxelles (L'Echo) - Fortis Banque en «stand alone»? Le débat est ouvert. Selon un article de nos confrères du «Soir», la possibilité de faire cavalier seul serait à l'étude parmi d'autres.

Pourtant, il faut admettre que cette éventualité soulève de nombreuses interrogations.

  • Seul ou accompagné?:

La première question qui se pose c'est qu'entend-on par «stand alone»? Un retour de la banque dans le giron de Fortis Holding? Oui, mais cela nécessite une augmentation de capital de Fortis Holding. Deuxième possibilité: le gel de la transaction, signée en octobre entre l'Etat Belge et BNP Paribas, avec à la clef une nationalisation de fait de Fortis Banque? L'idée pourrait plaire, ou du moins susciter la réflexion.
«On a la tendance à croire en Belgique que nos entreprises ne sont pas capables de vivre seules. Pourtant des sociétés comme Cockerill ou Electrabel se sentiraient mieux si elles n'étaient pas tombées dans le giron d'Arcelor ou Suez», affirme un observateur.

Se pose certes, dans le cas de Fortis, la question de la compétence de l'Etat.

«Ce n'est pas le rôle premier d'un Etat de gérer une banque commerciale mais à l'heure actuelle on voit difficilement qui d'autre pourrait jouer le rôle d'actionnaire de Fortis si BNP Paribas ne voulait ou ne pouvait plus jouer ce rôle».

La nationalisation de fait de Fortis Banque est tout à fait faisable, mais toutes les voix s'élèvent pour indiquer qu'elle doit être temporaire.

«Même si l'Etat nomme un management de qualité chargé d'établir la stratégie, la situation ne sera tenable que 2 à 3 années tout au plus». Une phase de transition en quelque sorte, en attendant des jours meilleurs.

Et d'aucun de citer le scénario Belgacom: L'Etat place un management compétent, procède quelques années plus tard à une introduction en Bourse, et finit par se défaire petit à petit de ses parts.

Troisième option: le stand alone pour créer, avec Dexia, la grande banque belge, longtemps rêvée et encore évoquée par Me Modrikamen. Une solution qui, pour certains, est aujourd'hui irréalisable, compte tenu des difficultés auxquelles toutes deux font aujourd'hui face. Et on ne parle même pas des problèmes de concurrence et des répercussions sur l'emploi.

  • Les liquidités:


Si Fortis ne doit plus aujourd'hui trouver entre 100 et 150 milliards d'euros sur les marchés interbancaires, les problèmes de liquidités restent toujours bel et bien présents. L'enseigne reste ainsi toujours tributaire de BNP Paribas et de l'Etat.

Et pour cause, depuis l'accord d'octobre avec l'Etat belge, le candidat repreneur français a ouvert les robinets permettant à Fortis de disposer immédiatement des liquidités nécessaires à sa survie.

Il semblerait que Fortis utiliserait encore à cette heure 5 milliards d'euros de cette ligne de crédit, contre 30 milliards aux premières heures du deal.

0utre ce soutien, la banque peut aussi compter sur les garanties et l'injection du gouvernement belge, la recette de la vente des activités néerlandaises, mais également une situation quelque peu décantée sur les marchés. Des arguments apportant une nouvelle fois la preuve qu'un stand alone de Fortis n'est possible qu'avec l'Etat comme actionnaire.

  • Viabilité opérationnelle:


Fortis peut survivre seul. L'affirmation est mainte fois répétée, tout comme les inconvénients d'être trop grand: des risques incontrôlables, un système informatique complexe et donc coûteux... Même les avantages antérieurs sur les activités de marchés se sont révélés être un handicap plus qu'un avantage...

N'être qu'un acteur national n'est pas vu comme désavantageux, même si Fortis Banque dispose encore d'activités en Turquie, en Pologne et en France.

  • Fortis Insurance Belgium :


La vente du pôle assurance belge pour 5,7 milliards à BNP n'est guère remis en cause. Que du contraire.

Certains affirment même que le modèle de bancassurance de Fortis était de la «poudre au yeux» et que les problèmes rencontrés par l'assurance résultaient du manque de confiance des clients ... dans la banque.

Dominique Liesse
(c) - L'Echo

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