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Fortisgate: «Aucune pression mais des contacts»

Pour Didier Reynders il faut éviter de confondre pressions et contacts. Dans un tel dossier, des contacts entre cabinets d’un même gouvernement, entre collaborateurs et le ministère public sont normaux, a expliqué le ministre des Finances devant la commission d'enquête parlementaire « séparation des pouvoirs ».

Bruxelles (L’Echo) – Après l’ancien ministre de la justice, Jo Vandeurzen ce matin, c’était au tour de Didier Reynders vice-premier et ministre des Finances d’être interrogé cet après-midi par la Commission d’enquête parlementaire « séparation des pouvoirs ».

« A aucun moment, moi ou mon cabinet n’avons exercé de pression sur des magistrats, a-t-il affirmé dans un exposé introductif. Nous n’avons jamais été mis au courant au préalable d’avis du ministère public ou de décisions de justice. » 

Pour Didier Reynders il faut éviter de confondre pressions et contacts. Dans un tel dossier, des contacts entre cabinets d’un même gouvernement, entre collaborateurs et le ministère public sont normaux a-t-il expliqué. « Mon chef de cabinet a eu un contact avec le parquet le 12 décembre afin de s‘enquérir sur l’état d’avancement de la procédure. Ne pas s’informer aurait été une faute lourde

Les premières questions se sont concentrées sur l’avis qu’a rendu le substitut du procureur du Roi devant le tribunal de Commerce de Bruxelles au mois de novembre. Le ministre des Finances ou son cabinet était-il au courant de cet avis avant qu’il ne soit rendu ?

Non, a rappelé encore un fois Didier Reynders. « A aucun moment nous n’avons été informés au préalable de cet avis. Bien sûr, nous nous sommes posé la question de savoir ce qui allait se passer dans le cas d’un avis négatif, a-t-il indiqué. Et cela a pu laisser croire à certains que nous avions connaissance de cet avis. »

Le débat a ensuite porté sur l'arrêt rendu par la cour d'Appel le 12 décembre. Le ministre des Finances a précisé qu'il avait été informé assez rapidement des irrégularités potentielles. " Mon chef de cabinet a informé le cabinet du ministre de la Justice de la situation. Interroger le parquet général sur la procédure en cours me paraît assez logique ", a-t-il par ailleurs ajouté.

Pour conclure son passage devant la Commission, Didier Reynders a fait part de son inquiétude sur le pourvoi introduit en Cassation par la SFPI dont il exerce la tutelle.


Le ministre des Finances fait ici allusion à un rapport adressé, en décembre dernier, par Ghislain Londers, premier président de la Cour de Cassation au président de la Chambre, Herman Van Rompuy, faisant état "d'importants indices" allant dans le sens d'une tentative d'entrave à la justice.

Après l'audition de Didier Reynders et avant celle d'Yves Leterme, la séance a été suspendue afin que les membres de la Commission puissent prendre connaissance d'un nouveau document émanant du président de la cour d'Appel de Bruxelles.
 

Stéphane Wuille
stephane.wuille@lecho.be

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