L'heure de vérité pour les banques belges

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Fortis mardi, Dexia et ING mercredi, KBC jeudi. Les quatre "grands" du monde bancaire belge dévoileront cette semaine leurs résultats du premier trimestre 2008. Comment ont-elles résisté à la crise du subprime? Que faut-il attendre de ces trois premiers mois de 2008? Première ébauche de réponse avant le verdict de cette semaine...

  • Premier à "se jeter à l'eau", Fortis devrait annoncer un bénéfice net de 1,03 milliard d'euros, selon les analystes sondés par Betten Beursmedia, soit 12% environ de moins que le 1,17 milliard d'euros engrangés début 2007. Bloomberg fait pour sa part état d'une prévision moyenne de 1,06 milliard. Le bancassureur de la rue Royale devra aussi prendre en compte l'accroissement du coût de l'absorption d'ABN Amro, dont le bénéfice net devrait tourner autour de 325 millions d'euros. Fortis, qui avait inscrit dans ses comptes 2007 un montant total de 2,7 milliards d'euros de dépréciations liées au "subprime", devrait cette fois limiter les dégâts. Les dépréciations tourneraient, selon les analystes, autour de 100 à 150 millions d'euros.


  • Ce ne sera pas le cas de Dexia, dont la filiale américaine FSA subit de plein fouet les effets de la crise financière. Les analystes s'attendent dès lors à de fortes dépréciations, mais certains d'entre eux tablent déjà sur un redressement au cours du 2e trimestre. Le bénéfice net sous-jacent devrait baisser de 8%, passant de 630 millions d'euros au premier trimestre 2007 à 582 millions début 2008.
  • Les analystes sont plus partagés à propos de KBC, pour lequel aucun consensus n'émerge concernant l'ampleur de l'impact de la crise du "subprime". Le patron de groupe, André Bergen, n'a cependant pas caché ces derniers mois que la crise du crédit pèserait sans doute davantage sur ses chiffres. Les analystes tablent d'ailleurs sur un net recul du bénéfice net, qui plafonnerait à 660 millions d'euros (contre 997 millions au premier trimestre de l'an dernier). Le bénéfice sous-jacent, qui écarte les éléments étrangers au cours normal des affaires, devrait être moins touché: il passerait de 781 millions d'euros l'an dernier à 641 millions cette année.
  • Finalement, seul ING devrait, tout comme l'an dernier, échapper au boulet du "subprime". Les désinvestissements réalisés dans des départements sensibles devraient en outre apporter des plus-values permettant de gonfler le bénéfice du groupe coté à Amsterdam.
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