L'OCDE exhorte la Banque du Japon à la prudence

L'OCDE a exhorté jeudi la Banque du Japon (BoJ) à faire preuve de prudence dans sa politique monétaire, et a jugé que ses objectifs d'inflation actuels (de 0 à 2%) étaient trop bas pour conjurer le danger d'un retour à la déflation.

(afp) "La Banque du Japon devrait être prudente à l'heure de relever les taux d'intérêt car une pression déflationniste persiste" dans la deuxième économie mondiale, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un rapport sur le Japon rendu public jeudi à Tokyo.

La fourchette d'inflation de 0 à 2% que s'est fixée la BoJ en mars dernier "ne constitue pas un tampon suffisant contre la déflation. Le bas de la fourchette devrait donc être relevé", juge le document, qui estime que le plancher de 0% "est trop proche de la déflation pour être confortable".

La BoJ a mis fin le 14 juillet à plus de cinq ans de politique de taux d'intérêt zéro en relevant le loyer de l'argent d'un quart de point, proclamant ainsi la victoire de l'économie nippone sur la déflation qui la rongeait depuis 1998, mais qui s'est estompée depuis novembre 2005.

La majorité des économistes estiment que la prochaine hausse des taux n'interviendra pas avant la mi-2007, même si certains n'écartent pas un voire deux autres relèvements d'un quart de point d'ici la fin de cette année.

"La Banque du Japon devrait être prudente à l'heure d'augmenter les taux d'intérêt. Elle doit s'assurer que l'inflation est suffisamment positive pour réduire le risque qu'un choc négatif ne replonge le Japon dans la déflation", poursuit l'OCDE, qui juge que la hausse des prix à la consommation à atteindre avant toute nouvelle hausse des taux devrait être de 1%.

En mai, les prix à la consommation au Japon ont augmenté de 0,6% sur un an, après deux hausses successives de 0,5% en mars et en avril.

Comme elle l'a déjà fait à de nombreuses reprises, l'OCDE exhorte également dans son rapport le gouvernement japonais à accélérer ses efforts pour résorber son énorme dette publique (170% du produit intérieur brut) et combler son déficit budgétaire abyssal (5,5% en 2006).

"Les responsables japonais sont confrontés au défi de devoir gérer une double sortie, la politique monétaire sortant des taux zéro et la politique budgétaire sortant des déficits insoutenables. Trouver le rythme et la combinaison appropriés est unt tâche difficile", résume l'Organisation.

L'OCDE a par ailleurs maintenu ses prévisions de croissance pour l'économie japonaise en 2006 et 2007 (entre +2% et +3%, après +2,6% en 2005).

(photo: belga)

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