La banque centrale néerlandaise se mêle de la bataille autour d'ABN Amro

La Banque centrale néerlandaise (DNB) s'est jetée dans la bataille autour de ABN Amro mercredi en mettant en garde contre une éventuelle offre d'un consortium de trois banques européennes, alors qu'ABN Amro a repoussé à vendredi soir la fin des pourparlers exclusifs de fusion avec Barclays.

(AFP) Les banques britannique Royal Bank of Scotland, espagnole Banco Santander (SCH) et belgo-néerlandaise Fortis avaient réclamé dimanche des "discussions exploratoires" en vue de "déposer une proposition d'acquisition d'ABN Amro". Selon la presse, ces banques se partageraient ensuite les actifs du groupe.

Une telle offre constituerait "un facteur important de risques et de complications, aussi bien dans la préparation de la transaction que dans son exécution et application", a répliqué la DNB mercredi.

La banque centrale, autorité de surveillance des institutions bancaires et "responsable d'une gestion bancaire saine et prudente", prévient qu'elle "vérifiera avec minutie si les parties ont réussi à gérer les risques nommés" s'ils font une offre sur ABN Amro.

Mardi soir, ABN Amro a annoncé prolonger jusqu'à vendredi ses négociations exclusives de fusion avec le groupe britannique Barclays, entamées un mois plus tôt.

Dans le même temps, la banque néerlandaise, pressée par ses actionnaires et le fond activiste TCI de se vendre au plus offrant, a accepté de rencontrer le trio de banques européennes en début de semaine prochaine à Amsterdam "pour une discussion dans laquelle elles peuvent exposer leurs intentions et intérêts".

Ces annonces sont intervenues alors que les analystes doutaient des chances de réussite de l'OPA de Barclays.

"Avec l'augmentation du cours d'ABN de 2% à 36,40 euros mardi en anticipation d'une bataille d'offres, ce qui lui donnerait une capitalisation boursière de 69,5 milliards d'euros, Barclays va avoir du mal à justifier une acquisition à ce niveau", estimait ainsi CreditSights mercredi.

Selon la plupart des analystes, une offre à 35 euros par action serait déjà trop coûteuse pour Barclays car les possibilités de synergies entre les deux banques sont limitées.

Les actionnaires entendent bien vendre au plus offrant, et selon les analystes, le consortium, qui pèse plus de 220 milliards d'euros en Bourse contre 72 milliards pour Barclays, pourrait proposer jusqu'à 42 euros par action.

Mais la complexité du scénario de rachat de ABN par le consortium, soulignée par les déclarations de la DNB, pourrait effrayer les actionnaires néerlandais, qui se verraient proposer des actions émanant de trois banques différentes, contre une seule dans le cas de Barclays.

Dans une interview au Financial Times la semaine dernière, le président de la DNB Nout Wellink avait d'ailleurs indiqué qu'il ne s'opposerait pas à l'offre "d'une banque solide", même si elle décidait de restructurer ou de dépecer ABN Amro et les commentateurs s'étaient emparé de ces propos pour en faire un contre-exemple du patriotisme économique.

Contacté par l'AFP, un porte-parole de la DNB a souligné que "les propos de M. Wellink parlaient de banque et d'un seul offrant, et non d'un consortium" et qu'il n'y avait donc "pas de contradiction" avec la mise en garde de la DNB.

Le 20 mars, ABN Amro et Barclays avaient défini les grandes lignes de ce que serait la future entité fusionnée, cotée à Londres, mais dont le siège serait à Amsterdam. Son président serait issu d'ABN Amro, tandis que son directeur général viendrait de Barclays.

D'une capitalisation boursière de près de 140 milliards euros, elle serait la deuxième banque européenne et la cinquième banque mondiale, avec 220.000 employés et 47 millions de clients.

Le 26 avril, les actionnaires d'ABN Amro sont convoqués en assemblée générale afin d'examiner la stratégie du groupe et "les évènements récents" qu'il a connus. Ils doivent aussi se prononcer sur une motion du fonds spéculatif TCI.

Photo Belga

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