La CNP (Frère) va investir en Allemagne avec Sal. Oppenheim

Les deux partenaires apporteront chacun jusqu'à 150 millions d'euros de capital. Siegfried Luther, ex-directeur financier de Bertelsmann et futur administrateur de la CNP, fera partie du conseil d'administration de la nouvelle société.

(l'echo) La Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), une société du Bel20 contrôlée par Albert Frère, vient de conclure un partenariat avec la banque privée allemande Sal. Oppenheim. L'objectif est d'investir via une structure à créer sur les marchés financiers allemands, autrichiens et suisses, principalement en actions cotées.

"Nous allons prendre des participations amicales dans des entreprises allemandes moyennes cotées en Bourse", nous a précisé Gilles Samyn, l'administrateur délégué de la CNP.

150 millions d'euros, c'est certes une belle somme mais on est loin des 500 millions d'euros que le holding de la Blanche Borne à l'intention d'investir aux côtés du groupe Arnault. Si aucun dossier n'a encore été bouclé depuis l'annonce de cette collaboration entre deux amis de près de 30 ans, en octobre dernier, on sait que l'ambition est de placer les billes tant dans des sociétés européennes cotées que non cotées.

La conclusion d'alliances en Europe et même au-delà n'est pas le fruit du hasard. Les partenariats familiaux de même que celui historique remontant aux années 1960 avec BNP Paribas sont une des clés de voûte du groupe, rappelle la CNP dans son rapport annuel 2006. Ils doivent même en assurer la pérennité, le jour où Albert Frère aura décidé de prendre un peu de repos.

Un scénario évoqué dans le rapport annuel mais qui, est-il précisé dans la foulée, n'est pas à l'ordre du jour. "Nous vous confirmons que les structures sont en place, tant au niveau de l'actionnariat de la CNP qu'au sein du groupe pour faire face à cette situation le jour où elle se présentera", ont précisé Gilles Samyn et Gérald Frère, le président de la CNP, dans leur message aux actionnaires. "Mais la vraie réponse est, au-delà des structures, l'existence d'un riche réseau de partenariats et d'associations qui se perpétuera, capitalisant sur la marque que constitue aujourd'hui le groupe Frère", ont-ils souligné.

A l'heure actuelle, la structure du groupe Frère (CNP et GBL) est articulée autour de deux pivots coulés dans le béton. L'un avec BNP Paribas -qui comme déjà évoqué remonte à plus de quarante ans- intervient en haut de l'organigramme du groupe, au niveau d'Erbe, un des véhicules de contrôle de la CNP. La seconde, plus récente- elle date de 1990- mais pas moins solide, se situe plus bas et verrouille l'actionnariat de GBL.

On croit souvent que GBL, c'est Albert Frère. C'est à moitié vrai. GBL, c'est aussi le point de rencontre avec le groupe Power Corporation of Canada contrôlé par la famille Desmarais dont le patriarche est un ami de longue date du Baron Frère. Ils contrôlent donc ensemble ce holding, également repris au sein de l'indice Bel20, et dans lequel sont logées les participations en Total, Suez, Lafarge, Pernod Ricard et Arkema. Suez faisant aussi partie de l'indice référence de la place bruxelloise, cela fait donc trois entités (sur 19) du Bel20 marquée de l'empreinte Frère.

Il se pourrait peut-être qu'un jour une quatrième société s'ajoute à ce tableau mais dans une toute autre mesure. Depuis quelques années, la CNP a en effet tissé des liens privilégiés avec le holding anversois Ackermans & van Haaren. C'est ensemble qu'ils ont repris Quick, c'est ensemble qu'ils l'ont revendu et c'est encore ensemble qu'ils ont acté une superbe plus-value. Forts de ce succès, ils vont gérer, toujours ensemble, un nouveau pôle d'activités centré sur la distribution avec des enseignes comme Club, Planet Parfum et la chaîne de magasins Di en portefeuille.

Cette collaboration avec AvH rejoint la liste des partenariats de participation que le groupe a dévelloppés grâce à son réseau et dont l'opération annoncée avec Sal. Oppenheim constitue le dernier exemple en date. On peut encore ranger dans cette catégorie la présence dans le tour de table de la Banca Leonardo, une banque d'affaires privée recapitalisée en 2006 par des investisseurs comme Gerardo Braggiotti, Eurazeo, Ifil, Allianz et la CNP. Tout comme l'association avec Bernard Arnault dans Château Cheval Blanc et l'entrée dans l'actionnariat de Tikehau Capital.

Stéphane Wuille

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