La Fédération bancaire européenne met en garde contre Bâle 3

Les représentants de la Fédération bancaire européenne pointent le risque que font peser les réformes à venir sur la profitabilité des banques et le financement de l’économie.

(L'Echo) - La Fédération bancaire européenne (FBE) a fait part de son inquiétude face aux évolutions réglementaires internationales à venir en matière de fonds propres et de liquidité. De passage à Bruxelles, Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF) a revêtu lors d’une rencontre avec la presse sa casquette de présidente du comité exécutif de la FBE pour mettre en garde contre l’impact des réformes sur le secteur.

«Davantage de capitaux doivent être requis pour les activités risquées. Nous sommes d’accord avec l’approche globale. Mais la réforme aura des conséquences sur la profitabilité des banques et le financement de l’économie», a-t-elle lancé à l’égard des propositions formulées par le Comité de Bâle.

Face aux nouvelles exigences qui touchent aux fonds propres et à la liquidité, les banques européennes pourraient se retrouver dans une position difficile pour octroyer des prêts aux particuliers et aux entreprises, ont estimé les représentants de la FBE.

Consultations jusqu'à mi-avril
Le comité de Bâle qui consulte les banques jusqu’au 16 avril doit publier au premier semestre une étude d’impact avec l’objectif de ficeler un texte de réforme d’ici la fin 2010.


Mi-février, les analystes de JP Morgan ont chiffré à 221 milliards de dollars le montant de capital additionnel qui devra être levé par les 16 principales banques internationales pour faire face aux nouvelles réformes prudentielles. Pour maintenir leur profitabilité celles-ci devraient augmenter leur prix d’environ 33% en banque de détail et d’investissement, poursuit l’étude.

«La BCE a récemment souligné que la détérioration des conditions de crédit n’était pas essentiellement dû à la crise économique mais plutôt à la hausse des coûts en capital des banques qui doivent se recapitaliser»
, a insisté Guido Ravoet, le secrétaire général de la Fédération bancaire européenne.


Si les banques ne trouvent pas les fonds nécessaires sur le marché, voire auprès des Etats, elles devront diminuer tout un pan de leur activité de financement, a averti la FBE.


Les porte-voix du secteur bancaire pointent aussi le risque maximum encouru par les établissements de petite taille et de taille moyenne qui seront les plus pénalisés par le renforcement des exigences prudentielles.


L’initiative dite Bâle 3 a été lancée dans le sillage des recommandations du G20. «Nous ne savons pas si, quand ni comment les Etats-Unis vont appliquer le processus de Bâle», s’interroge Ariane Obolensky.  «Je n’étais pas très optimiste jusque là. Mais l’adoption cette semaine de la réforme de santé aux Etats-Unis est un bon signe, et pourrait permettre au président Obama de se concentrer de nouveau sur les dossiers financiers», a-t-elle estimé. La voie semble donc ouverte.

Krystèle Tachdjian

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés