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La liste des victimes de Madoff s'allonge

Mardi, la banque japonaise Aozora a fait état d'une possible perte 101 millions d'euros. Lundi soir, la néerlandaise Fortis admettait un risque potentiel d'un milliard d'euros, s'ajoutant à une longue liste. La SEC, a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête interne sur la gigantesque escroquerie de Bernard Madoff qui n'a pas été détectée plus tôt malgré des alertes "répétées" depuis "au moins 1999".

(afp) - La liste des victimes de la gigantesque fraude du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff continuait de s'allonger mardi, notamment en Europe où les responsables financiers mettent en cause les autorités de régulation américaines, qui vont enquêter en interne.

Le régulateur boursier américain, la SEC, a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête interne sur la gigantesque escroquerie de Bernard Madoff qui n'a pas été détectée plus tôt malgré des alertes "répétées" depuis "au moins 1999".

Sous le feu des critiques, la SEC (Securities and Exchange Commission) a reconnu "de multiples échecs apparents", qualifiés de "profondément troublants".

La société d'investissement de l'ancien président du Nasdaq a été liquidée lundi soir. Son escroquerie "pyramidale" totaliserait 50 milliards de dollars, selon un principe simple: payer les intérêts des clients existants grâce au capital apporté par les nouveaux.

Après les aveux la semaine dernière de l'homme d'affaires de 70 ans, pas un jour ne se passe sans que de nouveaux établissements financiers ne dévoilent les pertes potentielles auxquelles ils sont exposés.

Mardi, la banque japonaise Aozora a fait état d'une possible perte 101 millions d'euros. Lundi soir, la néerlandaise Fortis admettait un risque potentiel d'un milliard d'euros, s'ajoutant à une longue liste.

Beaucoup d'Européens y figurent: l'espagnole Santander, jusqu'à présent la plus affectée avec 2,33 milliards d'euros de pertes possibles, mais aussi BBVA (Espagne) et les français Natixis, BNP-Paribas et Crédit Mutuel-CIC.

Axa et Groupama, la banque franco-belge Dexia, la Société Générale, le Crédit Agricole y figurent également pour des montants moindres.

HSBC, troisième banque mondiale, a une exposition d'un milliard de dollars, Royal Bank of Scotland (RBS) de 600 millions de dollars et le fonds d'investissement Man Group de 360 millions de dollars.

La banque privée autrichienne Medici se dit exposée à hauteur de 2,1 milliards de dollars d'investissements dans deux fonds internationaux frappés par la fraude.

Aucun grand établissement bancaire américain n'a fait état de pertes à ce jour. En revanche plusieurs célébrités ont été citées par la presse au nombre des victimes.

Des fondations comme celle du prix Nobel Elie Wiesel ou du cinéaste Steven Spielberg figurent parmi les perdants de cette escroquerie, mais les montants n'ont pas été divulgués.

Les noms de plusieurs fonds spéculatifs ont été avancés.

"Comment des établissements sérieux pouvaient croire à des rendements dépassant 12% sans se poser de questions ?", s'interrogeait mardi un gestionnaire de fonds français ayant requis l'anonymat. "On peut penser que la respectabilité de Bernard Madoff inspirait une confiance absolue, d'autant que la SEC (Securities and Exchange Commission) elle-même s'était adjointe ses services", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a mis en cause les autorités de régulations américaines: "la surprise n'est pas qu'il y ait des voleurs" mais "la question est: que fait la police?", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse lundi à Madrid.

Le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a estimé que la réglementation américaine était fautive.

"Pour la quatrième fois, la réglementation américaine est en cause", a déclaré M. Jouyet citant les faillites retentissantes du fonds spéculatif LTCM (1998), du courtier en énergie Enron (2001) et de la banque Lehman Brothers (2008).

Il faut que "la confiance demeure, et pour qu'il y ait confiance, il faut que la réglementation soit bonne", "Je crois que c'est le cas en Europe et que les Etats-Unis ont des progrès importants à faire dans ce domaine", a-t-il conclu.

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